Le président Morsi et «la main invisible» de l’armée égyptienne
Publié le 3 septembre 2012, par Etienne Borocco
L’élection de Mohammed Morsi, le candidat des frères musulmans, marquait déjà un coup dur pour l’armée. Celle-ci avait réussi à travers le Conseil constitutionnel à invalider l’élection législative remportée par les frères juste avant le deuxième tour. Puis Ahmed Chafik, ancien ministre de Moubarak et candidat soutenu officieusement par l’armée, clamait sa victoire juste après la fin du scrutin. Ce scénario marquait la volonté de l’armée de reprendre le contrôle au mépris de toutes les règles démocratiques et des observateurs qui avaient constaté la victoire de Morsi. Une semaine d’intenses tractations et de montée des tensions auront eu raison des velléités des militaires de restaurer l’ancien régime.
Le président égyptien est allé encore plus loin le 12 août 2012 en relevant de ses fonctions Hussein Tantaoui, le chef du Conseil Supérieur des Forces Armées (CSFA), organe de l’armée qui s’était emparé du pouvoir après le renversement de Mubarrak. Cette décision est historique car pour la première fois dans l’histoire de la République égyptienne, le pouvoir civil tente de s’émanciper de l’armée omniprésente dans la vie quotidienne du pays.







