Compte-rendu du livre de Johann Chapoutot, Le nazisme et l’Antiquité, PUF, « Quadrige ».
Au tout début, il n’y a que la brume, la brume des temps anciens. Avec le soleil qui perce, elle se dissipe et permet de discerner des ruines d’un temple grec. Pendant plusieurs minutes, la caméra glisse doucement à travers ce qui ressemble fort à l’Acropole d’Athènes ; images entrecoupées de statues de dieux et de héros grecs. Puis l’un d’eux, un lanceur de disques, se transforme en athlète du XXe siècle, le décathlète allemand Erwin Huber : la pierre devient chair et os. Il s’agit bien sûr du prologue d’Olympia de Leni Riefenstahl (titre français « Les Dieux du stade »), le film officiel des Jeux olympiques de Berlin en 1936, un document qui constitue l’une des clefs de voûte du propos de Johann Chapoutot dans son étude magistrale Le nazisme et l’Antiquité, parue récemment en édition de poche.
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