Reconnaissance faciale : des algorithmes de plus en plus sophistiqués

15861645255_35cfca90ee_zLe code. La reconnaissance faciale. L’empreinte digitale. La lecture de l’iris. Plusieurs technologies biométriques sont prêtes à authentifier les personnes en toute sécurité grâce à nos caractéristiques personnelles. Toutes les données qui font de nous des êtres humains uniques sont utilisées. Les smartphones ou autres objets connectés analysent les individus de mieux en mieux pour faciliter la vie. Mais l’homme peut-il véritablement s’abandonner dans les mains de ces outils intelligents ? La reconnaissance faciale est-elle véritablement fiable ?

L’être humain battu par une machine

Fin avril 2014, deux scientifiques chinois de l’université de Hong-Kong semblaient en mesure de répondre positivement à cette question. En effet, Lu Chaochao et Tang Xiaoou ont mis en place un algorithme fiable à 98,52% capable de reconnaître les gens à travers leur visage. Il a été testé sur plusieurs séries de personnes, toutes différentes, pour s’assurer de sa fiabilité et de sa précision. A titre de comparaison, l’œil humain est fiable à -seulement- 97,53%. Ce logiciel, baptisé GaussianFace, repère la position du nez, des yeux et des deux coins de la bouche. Il fait ensuite plusieurs photos, qu’il superpose. Pourtant, si cette nouvelle machine peut paraître révolutionnaire, elle existe déjà depuis le milieu des années 1960 aux USA. Elle a simplement été améliorée par les deux scientifiques chinois.

Effectivement, là où les anciens algorithmes étaient incapables de comparer deux photos si l’éclairage était mauvais, GaussianFace peut reconnaître quelqu’un même lorsque la luminosité est faible. Autre point intéressant, il ne se laisse pas duper par les changements physiques des personnes (coupe et couleur de cheveux, lunettes).

Cette reconnaissance faciale s’inscrit de plus en plus dans nos quotidiens, et cherche à rendre la vie plus simple. Cela s’avère très utile pour tous ceux qui en ont assez de retenir mille mots de passe différents : une simple lecture de votre visage suffit à déverrouiller votre smartphone ou votre ordinateur en un clin d’œil.

Une machine au service de la sécurité

Du fait de sa performance hors norme, cette nouvelle technologie offre de nombreux avantages. En premier lieu, la protection des données personnelles est renforcée et quasiment inviolable. S’il semble possible de falsifier une empreinte digitale (on en laisse partout et à tout moment), il est presque impossible de falsifier un visage.

Ce logiciel est donc promis à une longue carrière dans la sécurité des aéroports ou des gares, lors des contrôles aux frontières. L’Union européenne a d’ailleurs fait savoir qu’elle s’y intéressait de près, dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme. La mise en place du PNR ou Passenger Name Record, impose une collecte des données biométriques et un traitement efficace des photos ou des images de vidéosurveillance. Grâce à cet algorithme moderne, la prévention des actes terroristes seraient simplifiés. Les informations ainsi recueillies seraient conservées pendant 5 ans, ce qui pose néanmoins de nombreux problèmes.

Sur ce point, l’UE a été plus rapide que ses détracteurs. Le groupe de travail « Article 29 », composé de représentants des autorités nationales chargées de la protection des paramètres personnels auprès de la Commission européenne, dénonce la collecte abusive de données biométriques. D’après la directive 95/46/CE, les personnes ainsi répertoriées doivent être clairement averties et avoir donné leur consentement avant toute diffusion.

Un logiciel à améliorer

Mais la principale difficulté de cet algorithme reste son manque de mémoire. Pour être tout à fait efficace, il nécessite une mémoire trop importante à l’heure actuelle. De plus, s’il on veut vraiment pouvoir l’utiliser pour renforcer la sécurité dans les aéroports, la machine devrait être en mesure de se déplacer autour des personnes qu’elle analyse, ce qu’elle ne peut pour l’instant pas faire, contrairement aux êtres humains. Elle présente donc de sérieuses limites qui empêchent les organisations publiques et privées de se servir pleinement pour l’instant de l’intégralité de ses ressources. À Hong-Kong, les deux chercheurs qui l’ont mis au point soulignent que ces problèmes seront résolus dans un futur proche.

La reconnaissance faciale ne fera donc bientôt plus partie du domaine de la science-fiction, mais sera bel et bien une réalité.

Cet article a initialement été publié sur le blog Anthropotechnie de la Fondation pour l’innovation politique 

anthropotechnie

 

« Crédit photo Flickr: YO! What Happened to Peace »

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