« Ras-le-bol fiscal », l’institut CSA pour Nice Matin

« Ras-le-bol fiscal », l’institut CSA pour Nice Matin

En cette période annoncée de « pause fiscale », l’institut CSA rend, pour Nice Matin, les conclusions d’un sondage intitulé  Les Français et la fiscalité.

Réalisée sur un échantillon national de 1005 personnes résidant en France, âgées de 18 et plus, selon la méthode des quotas, après la stratification par région et taille d’agglomération, cette étude comporte trois questions dont les réponses permettent de conclure catégoriquement que les Français sont une majorité à ne plus supporter la pression fiscale.

Les questions étaient les suivantes :

-          Les médias et des personnalités politiques se sont récemment fait l’écho du « ras-le-bol fiscal» des Français. A titre personnel, ressentez-vous ce « ras-le-bol fiscal » ?

-          Au cours des douze derniers mois, avez-vous le sentiment que vos impôts ont… ?

-          Vous personnellement, êtes-vous prêt à payer davantage d’impôts pour contribuer au redressement des comptes publics et à la baisse des déficits ?

Les chiffres donnent, ici, à voir l’ampleur du consensus : 84% des Français ressentent, a titre personnel, le «ras-le-bol fiscal». 79% ont l’impression que leurs impôts ont augmenté ces douze derniers mois et 86% refusent de payer davantage.

Notons que cette homogénéité se vérifie dans toutes les catégories socioprofessionnelles et transcende le clivage politique gauche/droite.

 

Dans le détail, deux résultats sont particulièrement intéressants à commenter :

1° contrairement à une idée largement répandue, ce ne sont pas les plus aisés qui sont les plus mécontents… mais bel et bien les travailleurs exerçant les professions réputées moins rémunératrices.

- Concernant le « ras-le-bol fiscal »(question 1), les ouvriers (87%) et les employés (89%) sont les plus mécontents tout étant en ayant le sentiment le plus bas –toutes proportions gardées- d’une hausse d’impôts ces douze derniers mois (question 2) : ils sont, respectivement, 78% et 80% à avoir ce sentiment contre 88% pour les professions intermédiaires et 89% pour les cadres et professions libérales.

- A l’inverse, ce sont les plus aisés qui se révèlent les plus disposés à l’idée de contribuer davantage au redressement des comptes publics et à la baisse des déficits (question 3). 26% des cadres et professions libérales y consentiraient contre 13% pour les ouvriers et 8% pour les employés.

2° les électeurs de gauche, traditionnellement plus tolérants envers les hausses d’impôts, affichent, eux aussi, une très nette hostilité à cette pression fiscale grandissante.

- Toutes formations confondues (PS, Front de Gauche, EELV), les électeurs de gauche ressentent à 70% le « ras-le-bol » fiscal (71% pour le PS et 75% pour le Front de Gauche). Pas de surprise du côté de la droite, dont 94% de l’électorat se déclare matraqué fiscalement.

- Concernant l’idée de payer davantage d’impôts, 73% de la gauche s’y refuse (70% au PS et 81% au front de Gauche) contre 90% pour la droite. Les positions des électeurs écologistes d’EELV sont assez intéressante dans la mesure où ce sont ceux qui expriment le moins leur ressentiment à l’égard de la pression fiscale (59%) et leur impression d’une hausse d’impôt ces douze derniers mois (53%). Ils restent néanmoins la seconde formation de gauche la plus réfractaire à une nouvelle hausse d’impôt avec 77% d’opposition.

Est-ce à dire que la majorité actuelle a atteint un point de non-retour en matière de fiscalité ? Cela paraît évident. Mais il faudrait peut-être ajouter qu’elle est également venue à bout des mentalités les plus volontaristes en matière de contribution fiscale, qui constituent une frange non négligeable de son électorat.

Julien De Sanctis

 

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