Let’s be the Pulse of Europe!

Pulse-of-Europe-760x507Chaque dimanche depuis plusieurs semaines, le mouvement « Pulse of Europe » rassemble des milliers d’Européens dans les grandes villes de l’UE. Tous sont inquiets de la montée du populisme contre la construction européenne. Mais comment est née cette initiative citoyenne qui se donne pour objectif de donner un nouveau souffle à l’Europe ? Que font toutes ces personnes à défiler un dimanche au lieu de profiter du farniente dominical ?

 

« Pulse of Europe », kezako?

Fin 2016, deux avocats allemands, Daniel et Sabine Röder ont lancé à Francfort, le mouvement « Pulse of Europe » et appelé les europhiles à descendre dans les rues. Le mouvement promeut l’Union Européenne, ses valeurs, ses politiques, son histoire et encourage les Européens à parler publiquement en faveur d’une identité pro-européenne. Les premiers rassemblements ont eu lieu en Allemagne, de Francfort à Berlin en passant par Heidelberg, et ne réunissaient au début, que 200 personnes à peine. Mais ce qui devait rester un simple mouvement allemand a progressivement pris de l’ampleur et s’est exporté dans d’autres grandes villes européennes : Paris, Amsterdam, Bath et Bruxelles.

L’ADN de « Pulse of Europe » est d’être un mouvement strictement non-partisan et qui ne repose que sur la volonté de ses participants. La seule demande des citoyens qui rejoignent ses rangs est d’être écoutés et pris en considération par les dirigeants. Le seul but, comme le soulignait Daniel Röder dans une interview à Arte, est de promouvoir le projet d’une UE forte et qui fonctionne.

 

De la nécessité d’une mobilisation en faveur de l’UE

D’aucuns se demanderont certainement pourquoi quelques milliers de citoyens européens se regroupent pour défendre une union moribonde et de plus en plus délaissée. Paradoxalement, la défiance vis-à-vis de l’UE vient de ses membres fondateurs, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore l’Italie. Dans ces pays, le populisme y est de plus en plus fort et l’envie de quitter l’Union qu’ils avaient pourtant créée se fait sentir. « Pulse of Europe » est par conséquent l’exception qui confirme la règle : pour tous ceux qui manifestent leur amour pour l’Europe, il faut montrer au monde entier que l’attachement aux valeurs européennes est toujours de mise.

« Il ne faut pas attendre les lendemains d’élections. Il faut agir avant » explique Daniel Röder, pour qui le vote pour le Brexit et l’arrivée au pouvoir de Donald Trump ont été un électrochoc. « C’est aux citoyens européens qui croient en l’Europe de défendre leur union. Tous ont un rôle à jouer, même aussi minime soit-il que de manifester. Ne rien dire, c’est laisser la parole aux nationalistes et aux populistes » ajoute-t-il.

 

Ferveur citoyenne en Europe

Evidemment, mêmes les citoyens les plus europhiles trouvent à redire au fonctionnement de l’UE. C’est le cas d’un Berlinois qui dénonce « la mauvaise communication de l’UE ». Selon lui, depuis une dizaine d’année, l’UE communique mal sur ses actions : trop institutionnalisée, trop technocratique, elle est devenue pour la plupart des Européens eux-mêmes parfaitement illisible. C’est la raison pour laquelle beaucoup ne croient plus en elle et se tournent vers les partis nationalistes ou populistes.

Dans les rangs de « Pulse of Europe », point d’angélisme : on est convaincu que l’Europe a des défauts et qu’il faut l’améliorer. « Il y a plein de choses qui ne vont pas, à commencer par la communication. Au cours des dix, vingt dernières années, l’Union européenne s’est beaucoup éloignée des citoyens, elle manque de cohésion. C’est dans cette brèche que nous voulons nous engouffrer pour dire aux hommes politiques : nous avons besoin d’un projet d’avenir pour l’Europe. » continue Daniel Röder.

Ce qui se dégage néanmoins des différents rassemblements qui ont déjà eu lieu, c’est que certes, l’Union européenne doit être réformée, mais dans l’immédiat il faut rester soudés –ou parfois se ressouder- pour clamer haut et fort que les citoyens européens ne veulent pas d’un retour en arrière, d’un retour à un Etat-national seul contre le monde entier.

 

Happy birthday Rome !

Ce cri s’élève de nombreux pays d’Europe alors que le Traité de Rome, traité fondateur de la Communauté économique européenne (CEE), l’ancêtre de l’UE,  s’apprête à fêter ses 60 ans. A cette occasion, les rassemblements se feront le samedi 25 mars au lieu du dimanche. Préserver l’UE est essentiel pour de nombreux manifestants dans la mesure où elle est source de paix depuis 1945 et défend des valeurs universelles (droits de l’Homme, liberté d’expression).

Gageons que cette initiative citoyenne saura redorer le blason de l’UE et lui accorder plus de place dans les débats présidentiels partout en Europe.

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