Les idées pour la Primaire : la Sécurité Intérieure

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Par Alexandre Freu

Les problématiques de sécurité intérieure sont axées autour de deux questions : la lutte contre le terrorisme et la lutte contre la délinquance. Les réponses apportées par les candidats sont structurées autour de la réforme des services de renseignement, du développement d’un nouvel arsenal pénal et de l’allocation de moyens aux services de renseignement, aux services pénitenciers et aux forces de l’ordre. La fermeté affichée par tous sur la « répression » et la quasi-absence de propositions en matière de « prévention » marquent la volonté de rompre avec la politique pénale de Christiane Taubira.

Certaines propositions des candidats ont déjà été mises en place par le gouvernement socialiste, comme la promotion du Passenger Name Recorder (PNR) au niveau européen et la création d’un service de renseignement pénitentiaire. Alain Juppé comme Nicolas Sarkozy souhaitent par ailleurs le retour de plusieurs mesures du quinquennat précédent, comme les peines planchers et la loi Ciotti contre l’absentéisme scolaire, qu’Alain Juppé souhaite étendre aux parents de petits trafiquants de drogue.

La réorganisation des services de renseignement : quelques divergences de méthode

En termes de réorganisation des services, les premières divergences apparaissent. Nicolas Sarkozy a commencé à parler de la création d’une « grande agence de renseignement » et d’une direction commune RAID-BRI alors que François Fillon est favorable plutôt à un « grand ministère de l’Intérieur », pour une meilleure collaboration entre police et gendarmerie, proposition finalement reprise par Nicolas Sarkozy. Il veut également rattacher la DGSI à la DGPN, tout en revalorisant les carrières, les spécialisations, et les moyens du SDIG (ex-RG).

Alain Juppé prône des réformes plus localisées, comme une meilleure articulation entre SDIG et DGSI, et l’intégration de la gendarmerie dans la communauté du renseignement, pour profiter de son maillage territorial, ainsi que la création d’une police pénitentiaire pour glaner les renseignements en milieu carcéral. Il est également favorable à une « agence européenne de coordination du renseignement », du fait du côté « illusoire » que peut avoir une agence de renseignement de l’UE. Nicolas Sarkozy parle également d’un renforcement des « partenariats » de renseignement.

Une croissance des moyens humains et budgétaires promise par tous

Les moyens ré-alloués aux services sont au centre de cette thématique. François Fillon veut ainsi investir 100 millions d’euros dans les équipements automobiles, scientifiques et de sécurité Internet. Le rapport des candidats à la question des effectifs, avec Nicolas Sarkozy et Alain Juppé qui sont favorables à des redéploiements, va globalement dans le sens d’une allocation de davantage de moyens humains, même si l’usage de civils pour gérer les tâches administratives et l’usage de la sécurité privée sont des moyens souvent avancés pour pallier au coût d’éventuelles nouvelles embauches de fonctionnaires. Jean-François Copé souhaite au contraire recruter plus de 50 000 fonctionnaires dans les forces de l’ordre pour un coût d’environ 5 milliards d’euros.

Un consensus en faveur de la fermeté et de l’utilité de la prison

Si tous les candidats s’accordent sur la nécessité de pouvoir armer les polices municipales et de mieux protéger les policiers par une nouvelle présomption de légitime défense, François Fillon se distingue en faisant porter la plus large part de la lutte contre la petite délinquance en s’appuyant sur les maires et les sociétés de sécurité privées.

Un consensus total existe autour de la construction de nouvelles places de prison et l’assignation à résidence des fichés S. Tous souhaitent mener contre les sites Internet djihadistes la même lutte que contre les sites pédo-pornographiques. Nathalie Kosciusko-Morizet et Frédéric Lefebvre se sont par ailleurs engagés pour une peine de perpétuité réelle pour les terroristes, créant le débat avec les candidats qui craignent une incompatibilité de cette mesure avec la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Malgré les divergences, toutes ces propositions semblent aller dans la direction d’un accroissement des moyens de sécurité et un durcissement de l’arsenal pénal, complétant le travail inachevé du quinquennat Sarkozy.

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Cet article est publié en partenariat avec Les Républicains de Sciences Po 

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