Vive le nucléaire heureux !

14149552000_117322eefb_oVive le nucléaire heureux !

Par Auguste

Vive le nucléaire heureux !, de Michel Gay, auto édition, 2016, 160 pages, 18€

Simple citoyen français désireux de défendre l’intérêt général, Michel Gay est membre de l’Association des écologistes pour le nucléaire (AEPN), de la Fédération environnement durable (FED), et de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN).Dans cet ouvrage il invite le lecteur à adopter un nouveau point de vue face au nucléaire civil loin de la doxa majoritaire sur ce sujet, notamment en donnant accès à des informations bien souvent ignorées du grand public.

Réconcilier écologie et nucléaire

La vision de l’auteur s’oppose à celle d’un écologisme moralisateur et porteur de funestes nouvelles. A ce titre le nucléaire civil, sans être une énergie parfaite, est présenté comme la meilleure option dont on dispose aujourd’hui pour combiner le respect de notre planète et le mode de vie des pays développés. Parler d’écologie et de nucléaire comme allant de pair peut passer pour une antithèse aux yeux de certains mais l’auteur n’a de cesse d’apporter des éléments de preuves allant à l’encontre des idées reçues sur le nucléaire. Loin d’être une épée de Damoclès au dessus de nos têtes, l’énergie nucléaire serait en fait une solution énergétique durable, permettant de réduire drastiquement l’utilisation de ressources fossiles et ainsi réduire les gaz à effet de serre en partie responsable du réchauffement climatique. Michel Gay met notamment en avant le fait qu’un « réacteur nucléaire de 1000 MW permet d’éviter vive le nucléaire heureuxchaque année l’émission de 6.5 Mt de C02 » provenant, par exemple, d’une centrale à charbon. Car l’énergie nucléaire est « décarbonnée », son impact direct sur l’environnement, au quotidien, est bien moins nocif que les énergies fossiles que nous utilisons. En 2002, l’Institut de veille sanitaire réalise une enquête montrant qu’à travers le monde les émissions de polluants atmosphérique causent environ 3 millions de décès. Il en va de même enFrance où chaque année le charbon, les particules fines et les émissions de CO2, provoquent des milliers de décès.

Face au constat de la dangerosité des énergies fossiles, limitées et polluante, on peut logiquement opposer au nucléaire le développement des énergies renouvelables, éolien et photovoltaïque en tête. Michel Gay fait toutefois une démonstration réaliste des limites de ces nouvelles énergies auxquelles on prête toutes les louanges : dépendance totale aux aléas climatiques, difficulté de stockage des surplus énergétiques, utilisation de ressources fossiles, émission de gaz à effet de serre, coût important d’entretien des structures etc… Reste le nucléaire dont le seul vrai problème est son image.

Des centrales et des hommes 

Dans l’inconscient collectif l’énergie nucléaire fait immédiatement référence aux « catastrophes » et autres désastres écologiques, en faisant peu cas des données chiffrées.L’auteur s’efforce dans son ouvrage de rétablir une part de vérité trop souvent submergée par un relais médiatique toujours plus alarmant. A l’aide de rapports de l’Organisation mondiale de la santé, de l’ONU et de la Communauté Economique Européenne[1] on en apprend plus sur les conséquences de l’explosion de la centrale de Tchernobyl, le 26 avril 1986, et les informations officielles sont loin d’être aussi catastrophiques que les millions de morts annoncés dans les médias.

Il en va de même pour le traitement de l’information suite à l’inondation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi survenu le 11 mars 2011. Les travaux d’experts et de scientifiques à l’instar de ceux publiés par l’UNSCEAR[2] en avril 2014 permettent à l’auteur d’affirmer qu’ « aucun décès n’a été provoqué par irradiation nucléaire »[3].

« Désinformez, désinformez, il en restera toujours quelque chose » (Staline)

Le problème de la « désinformation » ou du moins, du manque d’information autour du nucléaire se retrouve aussi sur d’autres sujets. Par exemple, l’auteur nous explique, très clairement, à travers « Trente affirmations fausses »[4] que nous sommes tout à fait capable de stocker les déchets nucléaires, que la Nature est elle même une source de radioactivité (de différents niveaux), et que miser aujourd’hui sur le nucléaire c’est permettre aux chercheurs d’améliorer la productivité des centrales, leur longévité et en faire demain une énergie idéale.

A mille lieues d’une idéologie de décroissance, Michel Gay met en avant les progrès de la science atomique et les promesses qu’elle porte en son sein comme vecteur de développement durable et de « mieux vivre » pour assurer la pérennité de nos sociétés.

[1] Rapport du 7 novembre 1986, n°607 de la CEE.
[2]United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation
[3] Page 45
[4] Page 87

crédit photo Flickr: Ombre&Lumiere

 

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