Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités

environmental-protection-326923_1280Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités : plaidoyer pour une information de qualité 

Par @Alice Lapijover

Les journaux télévisés se contentent souvent d’énoncer l’information mais la traitent rarement en profondeur. Cette superficialité limite la compréhension des enjeux environnementaux par le plus grand nombre.

Alors que Marie Drucker se demandait au journal de 20h sur France 2 à qui profitait la chute du prix des hydrocarbures, rares sont les médias qui s’intéressent à l’impact plus global de cette baisse. La temporalité des journaux télévisés, en particulier, n’est qu’accidentellement celle de l’environnement. Le diesel sous la barre des 1€ provoquent plus de remous que la montée des océans de 3,2 mm en moyenne par an entre 1990 et 2011 soit 60% de plus que les 2 mm anticipés par le GIEC dans son scénario moyen. Si on peut se réjouir que les ménages les plus modestes/urbains à l’élasticité-prix plus forte[1] (INSEE, 2011) payent désormais moins cher leur carburant, on doit aussi se demander comment cette consommation supplémentaire impacte le niveau des émissions de CO2.

La presse nous « informe » quotidiennement, voir minute par minute mais s’interroge exceptionnellement sur le contexte et établit rarement des liens avec d’autres sujets. Les émissions et journaux problématisés ne doivent pas demeurer le monopole d’une télévision destinée à quelques-uns.

Les français passent en moyenne 4 heures par jour devant le petit écran. Ces quelques heures quotidiennes représentent un pouvoir immense. Du « temps de cerveau disponible » pour l’ancien patron de TF1 mais également une opportunité de questionner, d’éduquer et de comprendre. Rendre abordable et intéressant des sujets complexes comme ceux liés à l’environnement ou aux questions sociales, voilà l’un des défis que devrait relever les médias.

Car l’économie n’est pas le seul sujet à devoir être expliqué de manière globale. L’interconnexion des enjeux environnementaux, sociaux, culturels et économiques nécessite également de la pédagogie et un œil critique.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin d’outils pour tisser une toile de l’information. L’accès à une actualité instantanée ainsi qu’à un traitement circonstancié de l’information sont deux éléments indissociables pour offrir aux citoyens la chance d’exercer leur sens critique.

Gageons qu’un jour le journal de 20h s’intéressant aux huîtres de Noël, évoquera la question de l’acidification des océans. Avec un peu de chance, il restera alors encore des organismes calcaires sur le littoral. N’oublions pas que pouvoir d’informer les citoyens implique de grandes responsabilités.

Crédit photo : ejaugsburg

[1] http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ES446B.pdf

About Alice Lapijover

Etudiante à Sciences Po en master Finance et Stratégie, ancienne vice-présidente du REseau Français des Etudiants pour le Développement Durable (REFEDD) et présidente de LEMONSEA, association de sensibilisation sur l’acidification des océans.

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