Make Great-Britain again !

27484886630_1b592c1c00_oPar Sarah Benamar et Auguste Fuguet 

Après une campagne faite d’injures et de promesses nauséabondes, Donald Trump a réagi au Brexit à travers le prisme de son égo démesuré.
Bien qu’après avoir reconnu sur Fox News n’être « ni expert, ni intéressé » par la question du Brexit, ce dernier ne se refuse pas un commentaire en faveur du leave. Dès son arrivé en Écosse, le magnat de l’immobilier s’est pourfendu d’un tweet pour féliciter les électeurs d’avoir « repris le contrôle de leur pays ». Un acte mal habile quand on sait que l’Écosse a majoritairement voté contre le Brexit.

« It’s fantastic »[1].

 tweet trump 1Selon lui, ce vote sacralise la liberté du peuple. La décision des britanniques serait donc l’exemple du regain nationaliste qu’il porte aux nues. À l’échelle britannique ce vote illustrerait une volonté nationale de mettre un terme à la mainmise de Bruxelles sur sa souveraineté politique et économique : « ils ont voté pour reprendre le contrôle de leur politique et de leurs frontières »[2]

 Le candidat américain à l’élection présidentielle a profité de l’occasion pour vanter les mérites de son programme, faisant un parallèle entre sa campagne et le résultat du référendum. En effet, il défend une position isolationniste et dénonce la plupart des accords de libre-échange signés par les États-Unis, considérés comme « injustes ». Néanmoins son souhait serait de voir les États-Unis et le Royaume-Uni entretenir un lien privilégié: l’administration Trump « renforcerait ses liens avec une Grande-Bretagne libre et indépendante » et « approfondirait ses relations en matière commerciale, culturelle et défensive ». Bien que son cheval de bataille soit l’indépendance économique et diplomatique des États-Unis, il prône désormais un rapprochement avec les Britanniques [3].  Trump s’imagine déjà mettre en place un accord bilatéral entre les États-Unis et le Royaume-Uni du Brexit, servant leurs intérêts réciproques loin du TAFTA et de l’UE.

Vers un Frexit ?tweet NDA

Alors que tous les sondages donnaient le Brexit perdant, Donald Trump, tenu en échec par Hillary Clinton selon les pronostics, pourrait y voir un signe. Il ne serait d’ailleurs pas le seul à surfer sur la vague du Brexit pour redorer son blason. En France, Marine Le Pen se réjouit elle aussi de cette issue défavorable à l’Union européenne et la décrit comme une « victoire de la liberté ! »tweet mlp. Dans la même veine populiste, Jean-Luc Mélenchon exulte son « refus des troïka, de la guerre sociale et fiscale » et appelle sur twitter à la non soumission des peuples face à l’Allemagne et Bruxelles. Pour d’autres, comme Nicolas Dupont-Aignan, ce « grand jour pour la démocratie » marque « la chute du mur de Bruxelles ! ». Des propos qui vont (encore) à contre-courant de la réaction générale en Europe qui accuse le coup avec un certain effroi. Le résultat de ce référendum, comme une alarme, montre que les populismes sont bel et bien ancrés dans le paysage politique européen. Ils pourraient être la promesse d’une Europe à la carte sonnant ainsi le glas de l’Union européenne.

 

 

[1] http://www.europe1.fr/international/brexit-cest-fantastique-declare-donald-trump-en-ecosse-2781373

[2]https://www.facebook.com/DonaldTrump/posts/10157213077740725

[3] ibid

crédit photo Flickr : Gage Skidmore

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