Ma vie privée et internet : de l’anonymat au contrôle parental.

« Utiliser Internet est devenu tellement simple, évident et intuitif pour la plupart d’entre nous qu’au moment d’y accéder, on en oublierait certaines précautions élémentaires. Exposition de sa vie privée, traces de nos données, accès à notre historique de navigation, courriers indésirables, sites marchands douteux… Autant d’exemples qui confirment la nécessité de rester vigilant ». Spécialistes de nouvelles technologies de l’information et de la communication, Alexandre Boni et Nicolas Stemart rappellent que lorsqu’il est question de l’usage d’Internet, la sécurité ne va pas de soi. Du paiement en ligne à la connexion à un réseau public, en passant par les jeux en ligne, rares sont ceux qui s’inquiètent, dans les faits, de la gestion de leurs données personnelles, de la protection des enfants, des comptes personnalisés ou des services dits « gratuits ».

Maîtriser sa présence en ligne pour naviguer sereinement sur Internet. 

 

« Internet a pris une place importante dans notre quotidien et s’est installé au cœur de nos foyers. Faire une recherche pour un exposé, commander une pizza, faire ses courses, jouer discuter avec un ami à l’autre bout de la planète…, tout cela est aujourd’hui à la portée de tous et n’est plus réservé aux seuls informaticiens ». Notre espace de navigation est donc, au premier abord sûr et simple d’accès. Mais chaque connexion à Internet est une trace laissée, de la création d’un compte sur un réseau social à la consultation d’un site. Ne pas trop se dévoiler sur les réseaux sociaux permet également de bien distancer vie professionnelle et vie privée. Aujourd’hui, un employeur est en mesure de suivre son employé dans cette sphère privée. Et trop souvent, les utilisateurs négligent les extensions proposées par les navigateurs afin de chasser les publicités générées par l’historique.

 

Protection des enfants et contrôle parental : quelques recommandations. 

 

Les addictions à Internet sont une réalité. Les jeunes publics sont les plus vulnérables à ces nouvelles dépendances, mais aussi à l’exposition à des contenus non appropriés. Filtrer les contenus Web, et réguler la consommation des enfants doit être une priorité pour des parents qui doivent garder à l’esprit qu’Internet, en dépit des risques et dérives qu’il représente, reste, avant tout, un formidable outil d’apprentissage et de développement pour les jeunes enfants et les adolescents.

 

Dialoguer et communiquer sur Internet : de l’email à la messagerie instantanée. 

 

« Internet, ce n’est pas que le surf ! C’est également la communication entre individus : emails, messagerie instantanée, jeux en ligne : il est possible de dialoguer avec n’importe qui, n’importe où, tant que vous êtes connecté ». Dès lors, où faut-il positionner le curseur, entre l’ hyper « joignabilité » et le burnout numérique ? Au-delà de cette surexposition et de cette disponibilité permanente, un internaute court aussi le risque d’être victime de courriers indésirables, de contacts envahissants, de désinformation, de virus. Pour Alexandre Boni et Nicolas Stemart, sécuriser cette communication est non seulement indispensable, mais aussi très accessible : les canulars, les emails frauduleux, même s’ils sont de mieux en mieux élaborés, restent faciles à débusquer.

 

Et notre consommation en ligne ? 

 

Il y a quelques années encore, il était nécessaire de renseigner ses informations bancaires afin de procéder à une transaction. Aujourd’hui, un simple clic suffit. Chaque année, le volume des ventes en ligne explose : toujours plus intuitif, plus accessible, l’acte d’achat est réalisé dans un excès de confiance qui peut se retourner contre le consommateur. « Regardez les labels, apprenez à identifier les signes pour ne pas regretter votre commande sur tel site que vous a recommandé un ami. Vous ne serez pas fiché dans la base de données d’un escroc et votre carte bancaire ne sera pas débitée à votre insu », ajoutent les auteurs.

L’internaute oublie trop souvent de sécuriser son installation. 

 

Parallèlement à l’explosion des connexions et du nombre d’utilisateurs d’Internet dans le monde, on a pu assister à la multiplication des virus informatiques, des plus inoffensifs aux plus destructeurs : mais l’exposition à ces menaces n’est pas une fatalité. Il existe une multitude de moyens pour se prémunir de ces dangers, déclinés pour chaque appareil utilisé pour la connexion. Des logiciels permettent de surveiller ce qui se passe sur votre ordinateur afin d’éviter une infection. D’autres vont plus loin encore et proposent de surveiller la connexion Internet, pour prévenir les intrusions extérieures ou l’envoi de données personnelles en dehors du réseau choisi. L’obsolescence des moyens de protections est une faille de taille : « les solutions les plus simples sont aussi les meilleures, vous verrez qu’il est bon de garder tous ses appareils à jour ! ». 

 

En cas de difficultés, des recours sont possibles. 

 

Lorsqu’il est question de protection de la vie privée, Internet, n’est pas une zone de non-droit ; si le cadre juridique qui règlemente notre navigation et nos usages est en évolution constante, à l’image de la technologie qu’il règlemente, la loi protège l’utilisateur. « Comme disait John Stuart Mill, « la liberté des uns, s’arrête là où commence celle des autres », et sur Internet encore plus qu’ailleurs, il est important de respecter la vie privée des autres », précisent les auteurs. On ne compte plus le nombre « d’incidents », suite aux commentaires sous une photographie, à une publication sur un réseau social, parfois lourd de répercussions. Dans un autre registre, on assiste à la multiplication des associations qui viennent en aide face à l’addiction aux jeux de hasard et d’argent en ligne. Plus grave encore, des sites frauduleux, en plus de ruiner leurs utilisateurs, les exposent à l’usurpation d’identité. Enfin, l’image virtuelle que l’on renvoie de soi-même a des incidences directes sur la vie quotidienne : les exemples ne manquent pas, du cyber-harcèlement des écoliers au « happy-slapping », les répercussions peuvent prendre des proportions dramatiques, comme l’illustre le suicide de jeunes internautes dépassés par les évènements.

Faudra-t-il un jour faire passer un « permis de bonne conduite sur internet » ? C’est le pari de l’AFA, l’association des fournisseurs d’accès Internet. L’association qui regroupe Orange, SFR, Bouygues Telecom, Google France et Microsoft propose aux plus jeunes, via un site www.passe-ton-permis-web.com un quizz. Le questionnaire aborde des sujets aussi divers que la vigilance aux virus informatiques, les moteurs de recherche, les spams. En fonction du nombre de bonne réponse, le permis est délivré ou non.  Et si la sensibilisation des jeunes publics était le point d’entrée, pour une information des adultes plus nécessaire que jamais ?

Farid Gueham

Pour aller plus loin :

-       « Entreprise et vie privée : droits de l’employeur et droits du salariés »gereso.com

-       « Cinq clés pour protéger vos enfants sur internet », Francetvinfo.fr

-       « Sur-sollicitation numérique : une des causes du burnout », alternatives-economiques.fr

-       « La guerre contre les virus informatiques est-elle perdue ? », franceculture.fr

-       « Liberté sur Internet : une étude mondiale pointe une inquiétante dégradation », droit-technologie.org

-       « Haine sur internet : le plaidoyer d’associations pour muscler la loi française », Lemonde.fr

Photo by Jay Wennington on Unsplash

 

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