Les idées pour la Primaire : le Traité de Libre-Echange Transatlantique (TAFTA)

Par Romain Millard

Tous les candidats ne se sont pas exprimés sur la question spécifique du traité de libre-échange négocié depuis 2014 entre la Commission européenne et les États-Unis, mais des divergences fortes se font sentir entre les candidats. On compte quatre candidats qui y sont opposés, trois qui y sont favorables avec des réserves, Nicolas Sarkozy se situant à la charnière entre les deux groupes.


Les idées pour la Primaire : le Traité de Libre… par fondapol

Les anti-TAFTA

François Fillon a pris position le 30 juin 2015 contre le traité de libre échange transatlantique en l’état où il est négocié, inscrivant cette opposition dans une volonté plus large de rendre l’Europe plus indépendante vis-à-vis des États-Unis. De même, Bruno Le Maire a assuré le 1er mars 2016 qu’il ne voterait jamais un tel traité à l’Assemblée nationale, dénonçant le scandale démocratique dû à l’opacité des négociations et la concurrence déloyale qui en résulterait au détriment des éleveurs français. Jacques Myard et Jean-Frédéric Poisson sont la même ligne.

Les pro-TAFTA avec réserves

Au contraire, Frédérique Lefebvre souhaite dissocier les négociations sur le TAFTA des conflits diplomatiques entre l’Europe et les États-Unis, comme le scandale des écoutes par l’Allemagne sur demande de la CIA.  Alain Juppé considère quant à lui que ces négociations sont utiles bien que peu transparentes, et précise que les industries culturelles doivent en être écartées, que les appellations d’origine contrôlées défendues, et que le mécanisme de règlement arbitral des différends ne remette pas en cause les intérêts des États. Nadine Morano partage cette ligne de soutien au TAFTA mais de scepticisme quant au mécanisme d’arbitrage. Dans le même esprit, Nathalie Kosciusko-Morizet insiste sur la nécessité de faire accepter l’accès libre aux marchés publics aux gouvernements fédérés américains. Hervé Mariton a déclaré ne pas être d’instinct « anti-TAFTA » et croire en une négociation vigoureuse dans le sens de nos intérêts.

À la charnière entre ces deux groupes de candidats, Nicolas Sarkozy a lui-aussi dénoncé le manque de transparence dans les négociations comme étant inacceptable et appelé à ce que les chefs d’État et de gouvernement reviennent sur le mandat de négociation qui a été confié à la Commission pour reprendre eux-mêmes le contrôle des discussions.


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Cet article est publié en partenariat avec Les Républicains de Sciences Po 


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