Les idées pour la Primaire : L’Énergie

éolienne energiePar Léa Abramskilogo timeline

Les prises de position des différents candidats sur les sujets liés à l’écologie et l’environnement tournent essentiellement autour des sujets de l’énergie. Si un consensus existe sur la nécessité de maintenir une part importante du nucléaire dans le mix énergétique tout en développant les énergies renouvelable, les gaz schiste constituent un point de clivage entre les impétrants à la primaire.

Le nucléaire : un consensus sur sa nécessité à moyen terme, des nuances réelles sur son avenir à long terme 

Si le nucléaire représente 75% de l’énergie utilisée par les Français, de même qu’une part importante de l’industrie énergétique, celui-ci ne représente pas pour tous les candidats à la primaire un mode d’action durable pour le futur. Alain Juppé considère que l’on ne peut pas se passer du nucléaire et que celui-ci est nécessaire à l’économie française. Dans le même esprit, si Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire conçoivent le nucléaire comme un moyen indispensable, il est d’après eux nécessaire de se concentrer sur la gestion des déchets nucléaires. Par conséquent, les trois candidats proposent d’investir davantage dans la recherche pour les énergies renouvelables. Jean-François Copé défend même un crédit d’impôt à taux unique de 50 %, sans conditions de ressources, sur le prix des équipements, des matériaux et de la main-d’oeuvre, dépensé pour participer à la production d’énergie renouvelable entre 2017 et 2020.

Si François Fillon loue avec plus d’insistance l’excellence de la filière nucléaire française, il n’omet pas de défendre les investissements dans les énergies renouvelables et surtout dans les économies d’énergie.

Nicolas Sarkozy et Hervé Mariton vont encore plus loin dans la défense du nucléaire à long terme. Le premier souhaite abandonner l’objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire dans le mixte énergétique, et diminuer les subventions à l’achat d’électricité d’origine renouvelable. Le second propose de construire de nouveaux réacteurs EPR qui répondront aux nouveaux besoins tels que l’automobile électrique, et de prolonger la vie des centrales nucléaires existantes, et de mettre fin aux tarifs de rachat de l’électricité issue d’une production renouvelable, afin de laisser le marché déterminer quelles énergies sont les plus utiles et les plus rentables.

Le gaz de schiste : fractures entre pro-exploitation, pro-exploration, et anti-exploration et exploitation 

Plusieurs candidats à la primaire sont favorables à l’exploitation du gaz de schiste. Nicolas Sarkozy et Nadine Morano sont en faveur de cette pratique, pensant le progrès et l’indépendance énergétique par cette voie d’exploitation, tout comme Frédéric Lefebvre qui dit « oui au gaz de schiste ». Jean-François Copé est également du côté des « pro-exploitation », mais émet des réserves : la mise en place de conditions telles que la localisation des exploitations devant être éloignées des habitations, dans des mesures garantissant une sécurité environnementale pour les générations futures, et en accord avec la loi Jacob.

Un autre groupe de candidats se borne pour l’heure à afficher son intérêt pour l’exploration, c’est à dire l’évaluation des réserves, mais exclue le recours à la fracturation hydraulique, et par conséquent l’exploitation à court terme. Bruno Le Maire considère même que le gaz de schiste n’est pas une voie d’avenir. Nathalie Kosciusko-Morizet est la candidate la plus véhémente contre les conséquences nocives de la fracturation hydraulique. Alain Juppé considère également qu’il faut insérer la question du gaz de schiste dans une « politique énergétique globale » en prenant des précautions pour que les recherches et les essais soient respectueux de l’environnement. Alors que François Fillon était sceptique quant à d’éventuels essais de forage, il semble avoir changé d’avis, considérant comme étant « criminel » de n’effectuer aucune recherche dans un domaine où les Français ont les capacités technologiques pour innover. Hervé Mariton pense également qu’il faut mettre en place un programme de recherche pour l’exploitation du gaz de schiste, afin de développer une filière française spécialisée sur cette question énergétique en assurant des conditions environnementales durables.

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Cet article est publié en partenariat avec Les Républicains de Sciences Po 

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