Le trotskysme pour les nuls : petit mémo sur l’histoire et la nature de l’OCI

2895350599_b779d9ac9c_bLe trotskysme pour les nuls : petit mémo sur l’histoire et la nature de l’OCI (dont viennent Cambadélis et Mauduit)

Par @SylvainBoulouque

L’Organisation Communiste Internationaliste, branche revendicative importante dans les années 1980, est aujourd’hui composée d’une poignée de militants. Retour sur cette organisation trotskiste qui a regroupé des personnalités.

Atlantico : Qu’est-ce-que l’Organisation Communiste Internationaliste ? De qui est-elle composée ?
Sylvain Boulouque : Aujourd’hui, l’OCI en tant que telle n’existe plus, elle a été dissoute dans un courant communiste internationaliste au sein du Parti des travailleurs, fondé dans les années 1990. Cette nouvelle appellation demeure un prêt nom pour le courant trotskiste que l’on qualifie par commodité de « lambertiste ». Elle ne regroupe plus que quelques centaines de militants. Sa figure tutélaire Pierre Boussel – Lambert s’est éteinte, il y a six ans. Elles conservent néanmoins quelques personnalités importantes à l’image de l’écrivain Jean-Jacques Marie et du chef de file du PT Daniel Gluckstein. Mais la majeure partie des militants historiques se sont, soit éteints comme le philosophe Pierre Fougeyrollas, soit ils ont quitté cette organisation depuis très longtemps comme l’historien Benjamin Stora ou Jean-Luc Mélenchon. Aujourd’hui, le PT est principalement composé de travailleurs de la fonction publique principalement dans le secteur éducatif et chez les travailleurs territoriaux.

Atlantico : Quelle a été son évolution depuis sa création ? Quels sont ses objectifs et les idées soutenues ?
Sylvain Boulouque : Elle s’inscrit dans le droit fil du trotskisme le plus orthodoxe, se réclamant du programme de transition, rédigé par le fondateur de l’Armée rouge en 1938. Comme Trotski le préconisait en 1934, les militants étaient autorisés à pratiquer l’entrisme dans les organisations sociales-démocrates. Ainsi, Lionel Jospin a été longtemps membre de la direction du PS tout en appartenant à cette organisation. Parallèlement, elle est la majeure partie du temps distinguée des autres organisations trotskistes comme la LCR (aujourd’hui NPA) en étant virulemment antistalinienne.

Atlantico : Pourquoi est-ce une branche si revendicative ? Est-ce l’essence même de l’organisation dont est issu Cambadélis ?
Sylvain Boulouque : En dehors de l’aspect politique, les militants lambertistes ont été de véritables syndicalistes qui n’hésitaient pas à affronter les communistes – parfois même physiquement. Dès lors, ils ont acquis cette réputation de militants revendicatifs, aussi car ils étaient des activistes capables d’être sur la brèche 20 heures sur 24 pour la cause.

Atlantico : Elle était la principale organisation trotskyste au début des années 80, elle reste très significative aux yeux de FO et de la CGT, mais quel est son poids réel aujourd’hui ?
Sylvain Boulouque : Son poids a été important dans les années 1960-1980 car elle possédait une force militante importante, des réseaux militants et des individus qui y demeurés. Son poids devient important dans les années 1970 car elle se structure autour de plusieurs pôles. D’abord, le militantisme étudiant en se distinguant des autres groupes, ne participant presque pas à mai 1968, considérant ce mouvement comme petit bourgeois. Ensuite, un investissement dans le syndicalisme et dans les mutuelles étudiantes. Pendant les années 1970, les militants de l’OCI tenaient ainsi l’UNEF ID. Ces militants ont construit des places fortes et acquis une majorité ou verrouiller les majorités comme dans certaines branches de Force Ouvrière par exemple chez les enseignants.

Crédit photo : Edmundo

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