La ville, naturellement

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Pouvez-vous décrire rapidement votre projet?

Mes travaux portent sur les réformes de la police et les relations entre cette dernière et la population. Beaucoup de choses restent à accomplir sur ce dernier point en France : nos forces de l’ordre n’ont pas encore pleinement acquis cette culture de l’ouverture vers l’extérieur qui caractérise les polices anglo-saxonnes, britannique en particulier. Si la mission première d’une police est d’assurer la sécurité des biens et des personnes, elle doit également savoir prendre en compte les attentes de la société civile et communiquer sur son action. Néanmoins, si l’on prend un peu de recul en observant ce qui s’est passé ces trente dernières années dans notre pays, on s’aperçoit que la sécurité quotidienne des citoyens est devenue un enjeu central des politiques de sécurité alors que ces dernières avaient longtemps eu tendance à se focaliser sur la protection des institutions. Beaucoup de choses dans le domaine des partenariats avec d’autres acteurs publics ou privés, de la formation, de l’accueil des victimes ou de l’utilisation des moyens de communication modernes ont été entreprises, aussi bien par la gauche que par la droite, preuve qu’un certain consensus est possible sur un sujet en apparence très clivant.

Quel itinéraire vous y a conduit? 

J’ai toujours été fasciné par la chose policière. Je suis devenu dès mon adolescence un gros consommateur de films et de séries centrés sur les forces de l’ordre et de biographies d’anciens commissaires de police. Une fois entré dans le monde universitaire, j’ai décidé de m’y intéresser de façon plus approfondie et systématique en soutenant une thèse de doctorat en science politique sur les réformes de la police en France et aux Etats-Unis. Mes recherches se fondent sur de très nombreux entretiens avec des policiers de tout grade et surtout des centaines d’heures passées à leurs côtés en patrouille, aussi bien en France, en Grande-Bretagne qu’aux Etats-Unis. Pour moi, la meilleure façon de véritablement comprendre une politique publique est d’aller voir comment elle se décline concrètement sur le terrain, dans sa mise en œuvre et dans le rapport que les agents entretiennent avec les usagers.

En quoi vous parait-il illustrer le thème du progrès, tel que vous le comprenez? 

Le thème des relations police/population est essentiel car il dépasse la stricte problématique de la sécurité. A travers celles-ci se joue la question plus large du rapport qu’entretient l’Etat avec ses citoyens. On insiste depuis quelques années sur les notions de transparence, d’accountability, d’efficience des administrations publiques, de qualité du service rendu. La police est non seulement le service régalien par excellence, mais aussi un visage de l’Etat au quotidien pour nos concitoyens. S’il y a nécessairement un rapport vertical entre policiers et administrés, étant donné que les premiers ont un pouvoir de contrainte sur les seconds, on attend de plus en plus que se développe parallèlement à cela un rapport horizontal, avec une police rendant compte de son action aux citoyens. Cette préoccupation concerne aujourd’hui les services publics dans leur ensemble, preuve que la police n’est pas un cas à part mais s’inscrit dans un mouvement plus vaste de réforme de l’Etat.

Mathieu Zagrodzki

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