La police américaine & l’administration de Trump : comment ont-ils permis la montée du nationalisme des colons et de la suprématie blanche aux États-Unis ?

Aux Etats-Unis, l’élection du président Trump (et même sa campagne auparavant), semble avoir libéré une montée de haine raciste, portée par des suprématistes blancs qui ne supportaient pas les huit années d’un président noir. Les violences se sont multipliées. Cet article décrit une série de faits qui rappellent, sous forme de liste, ces tristes évènements.

Comment Trump permet-il cette brutalité ?

Aux États-Unis, il existe une « », qui considère que sa culture blanche est attaquée par la gauche. Elle s’est réveillée et se fait désormais voir au grand jour, comme l’ont montré les violences à Charlottesville (Virginie), où les manifestations contre l’enlèvement d’une statue confédérée ont terminé avec trois morts et vingt blessés. Aux Etats-Unis, le rôle de la police a été mis en cause : beaucoup ont considéré qu’elle n’avait rien fait, quand plusieurs centaines de membres du Klu Klux Klan, des nazis et des milices armées, qui criaient « les Juifs ne vont pas nous remplacer », ont battu les contre-manifestants.

En réponse à ces attaques, Trump a condamné la violence venant de « tous les côtés » mais aussi les « fake news », qui critiquent selon lui uniquement la droite et jamais la gauche. Si elle a suscité un tollé chez les responsables politiques des deux grands partis américains, la réaction du président a été très appréciée par les groupes nazis et les suprématistes blancs.

https://www.nytimes.com/video/us/100000005393100/videos-show-slow-police-response-to-violent-protests-in-charlottesville.html

Les excuses de Trump au Sheriff Joe Arpaio

Joe Arpaio, shérif de l’Arizona, avait l’habitude de détenir des personnes hispaniques sans qu’il existe le moindre indice permettant de considérer qu’elles avaient commis un délit. Assigné dans plusieurs procédures relatives aux droits civiques, après que le département de la justice a conclu qu’il supervisait l’un des pires comportements de profilage racial dans l’histoire contemporaine des Etats-Unis, il a été condamné pour atteinte à l’autorité de la justice pour avoir continué. Donald Trump l’a pardonné un mois après sa condamnation, expliquant qu’il avait été condamné « pour avoir fait son travail ».

https://www.theguardian.com/us-news/2017/aug/28/donald-trump-defends-joe-arpaio-pardon-patriot

Les caméras de police révèlent des attitudes et des comportements racistes

Récemment, la vidéo d’un policier de Georgia a été publiée sur les réseaux : on l’y voit arrêter une femme sur la route. Alors qu’elle lui fait part de sa peur de la police, l’agent lui a répondu : « Mais vous n’êtes pas noire. Rappelez-vous, nous ne tuerons que les Noirs. Oui, nous ne tuons que des personnes noires, n’est-ce pas? De toutes les vidéos que vous avez vues, avez-vous vu des personnes blanches être tuées? ». Le chef de la police de Cobb County a dit que Lieutenant Abbott était « honorable mais il a fait une erreur ». Il n’a donc pas été licencié.

À Erie (Etat de New York), le shérif du comté, Tim Howard, d’Erie, a été vu assistant à un rassemblement confédéré et pro-Trump, auquel participaient des suprématistes blancs en uniforme de police. Ce n’était pas vraiment une première : Tim Howard fait l’objet d’une controverse depuis de nombreuses années : sa gestion du Centre de détention du comté d’Erie a fait l’objet d’un examen minutieux, à la suite des décès de nombreux détenus hautement suspects. Cette prison a en effet un taux de suicide cinq fois la moyenne nationale pour les installations similaires. Pendant des années, le shérif Howard a refusé d’apporter des améliorations aux installations pénitentiaires, pourtant accusées de « violations des droits de l’homme et des droits constitutionnels ».

https://www.washingtonpost.com/news/post-nation/wp/2017/08/31/remember-we-only-shoot-black-people-georgia-police-officer-told-a-woman-on-camera/?utm_term=.bfe1388f8b0a

Les policiers américains tirent facilement, avant d’enquêter

Le 19/09/2017, un policier d’Oklahoma City a tué un homme : il était sourd et muet et ne pouvait pas entendre les ordres qu’on lui avait crié, exigeant qu’il dépose un tuyau métallique qu’il tenait. « Ne le tuez pas, il est sourd, ne le faites pas ! » a imploré une fille de douze ans, Magdiel Sanchez, voisine de la victime. Rien n’y a fait : moins d’une minute après le début de l’épisode, un deuxième officier est arrivé et a immédiatement sorti son arme puis tiré six coups.

Le capitaine Mathews, du département de police d’Oklahoma, a déclaré qu’une enquête serait ouverte que le sergent Barnes, l’auteur des coups de feu, avait été autorisé à prendre un congé administratif.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/etats-unis-des-policiers-abattent-un-homme-sourd-qui-ignorait-leurs-sommations-22-09-2017-7277934.php

Une Amérique en plein doute, un président en déroute

Ces faits tragiques ont soulevé une vague de protestations, de doutes et d’inquiétudes aux Etats-Unis. Pourtant, l’administration Trump reste silencieuse, ne portant par exemple pas plainte contre les officiers impliqués dans le meurtre de civils innocents.

Bien au contraire, le discours de Donald Trump à l’égard des migrants, des minorités et des femmes, et son attitude clémente face à la brutalité policière alimente les valeurs nationalistes et suprématistes. Ceux-ci n’hésitent pas à crier « Vive Trump » lors de leurs rassemblements, faisant le salut nazi en proclamant la supériorité des vies des blancs, et s’en prenant physiquement à leurs opposants. Pourtant, la police reste impassible…

Depuis le début de l’année 2017, 712 personnes ont été tuées par la police aux Etats-Unis. Le silence du Président Trump résonne comme une forme de complaisance.

Katherine Hamilton

 

 

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