Insoumission, pour que vive la nation.

Le-depute-LR-Guillaume-Larrive-votera-blanc-au-second-tour-de-la-presidentielleDès son titre, Insoumission. Pour que vive la nation, référence au roman d’anticipation de Michel Houellebecq,Guillaume Larrivé donne le ton. Le député de l’Yonne fait le pari de prendre à contrepied le diagnostic posé par Michel Houellebecq, en encourageant une insoumission nationale. Face à une perspective pessimiste mais réaliste, il propose de refuser le renoncement face à une France ankylosée par un Etat obèse, des choix publics hasardeux et des manœuvres politiciennes bien éloignées de l’intérêt général.

Guillaume Larrivé impute son diagnostic sévère sur l’état de la France en partie à François Hollande, qui n’a selon lui exercé que trop mollement le pouvoir. Il reproche à l’ancien premier secrétaire du Parti Socialiste de n’avoir été élu président que sur un seul axe de programme : l’antisarkozysme. La suite est connue : croissance atone, chômage endémique, défiance populaire envers les institutions et perte de confiance dans le politique, voilà ce qui a rythmé le quinquennat qui s’achève. Quand bien même ce mal français a des origines profondes, la présidence socialiste n’aura été que l’estocade finale à un système depuis longtemps à bout de souffle, juge le député.

En définitive, estime Guillaume Larrivé, le président sortant n’a pas été en mesure d’exercer le pouvoir, qu’il définit comme la capacité de la politique à « poursuivre l’histoire de France ». Le député dresse un constat sévère : selon lui, les Français ne veulent plus de ces élus qui ne cherchent qu’à conquérir le pouvoir au lieu de l’exercer, qu’ils ne veulent plus de cette impuissance permanente qui se reflète, chaque soir, au journal télévisé.

Dès lors, pour l’auteur, les causes sont entendues. Le raccourcissement et l’accélération du temps politique sont responsables de la déconnexion permanente entre élus et électeurs. De fait, plusieurs temporalités s’affrontent et s’entrechoquent : la temporalité historique, qui relève du long terme, s’oppose au temps médiatique et numérique, auquel le temps politique s’inféode de plus en plus, ce dernier s’éloignant de fait du temps pratique, celui de tous les jours, du quotidien des Français.

Cette déconnexion se traduit dans les actes de gouvernement en matière économique. Pour Guillaume Larrivé, nos dirigeants prônent l’endettement permanent de notre pays, en répercutant la facture sur les Français par le biais de l’impôt. Sauf que, bien éloignée de la métaphore de Colbert et de son plumage d’oie, l’imposition est de plus en plus durement sentie par le contribuable, et ne sert en rien le pays, puisqu’elle tue la production de richesse ainsi que l’investissement mais favorise aussi l’assistanat par le biais de la redistribution sociale. 

Pour Guillaume Larrivé, la sécurité et la défense de l’intégrité du territoire illustrent aussi les errements de nos gouvernants. L’auteur qui parle d’« ennemi islamiste », illustre ainsi ce qui constitue selon lui plusieurs erreurs graves. D’abord, le déni ou le manque de courage, face à un islam politique qui nous a « déclaré la guerre » et face à la « crise migratoire » sans précèdent que traverse l’Europe (que Guillaume Larrivé lie à l’abandon de l’assimilation au profit de l’intégration). Sur le plan purement militaire, le député dénonce l’incapacité à nouer des alliances intelligentes, notamment avec la Russie de Vladimir Poutine, face à l’Etat Islamique, et le mauvais fonctionnement des services de renseignement qui aggravent une situation déjà bien délicate.

Face à ce constat très somb1540-1re, économique et sécuritaire, qu’en est-il alors des nombreux sauveurs autoproclamés, prétendant n’avoir que des solutions pour notre pays ? Selon Guillaume Larrivé, Marine Le Pen, pourfendeuse du système et protectrice des petits contre les gros, n’est en vérité qu’un « recyclage des vieilles recettes aussi rouges que ruineuses. » Son antilibéralisme primaire s’associe au premier d’entre tous les maux de ce pays, la dépense publique. Selon l’auteur, l’isolationnisme protectionniste que propose Marine Le Pen est la garantie d’une ruine éclair et l’accélérateur de notre soumission.

L’insoumission que l’auteur appelle de ses vœux passe selon lui par un réarmement culturel, en redonnant pleinement du sens à l’histoire millénaire de la France, en refaisant des citoyens les dépositaires d’un art de vivre, d’une certaine idée de la civilisation. Le député défend également l’idée d’un réarmement de la société civile face à l’Etat, avec une réduction des dépenses publiques et un recentrage de la puissance publique sur ses fonctions régaliennes. Selon lui, il faut arriver à définir une voie française pour que l’Etat face tout son métier, mais seulement son métier.

Guillaume Larrivé s’attarde aussi sur le premier outil du politique pour diriger une société, le droit. Et ici encore, il juge le changement plus que nécessaire : l’inflation juridique, si symptomatique de cet Etat omniprésent, source de confusions et de difficultés constantes doit cesser explique l’auteur. Selon lui, il faut réduire et simplifier drastiquement la réglementation ; la volonté individuelle d’entreprendre et d’innover ne doit pas se voir brider par les tracasseries et lourdeurs administratives.  Alléger le droit, c’est aussi, explique Guillaume Larrivé, retrouver la pleine souveraineté sur la production de la norme. De fait, le député appelle à mettre un terme à la « tyrannie bruxelloise » imposée par le droit européen, au détriment des choix politiques et des intérêts nationaux. L’insoumission passe selon lui par le refus de cette subordination à une « nouvelle aristocratie supra-étatique et postnationale ». Face à une situation qui se dégrade de jour en jour, le député de l’Yonne propose par ailleurs une refonte en profondeur de l’appareil sécuritaire de l’Etat, une réorganisation complète des services de renseignements et des prérogatives du ministère de l’Intérieur

En définitive, l’auteur livre un ouvrage politique qui a le mérite de se pencher sur les sujets importants dans les priorités des français. Certes, les propositions sont, pour l’essentielles, connues et chères à la famille politique de Guillaume Larrivé, mais dans une campagne présidentielle qui a parfois manqué de fond, ce livre a au moins le mérite d’inviter son lecteur à une réflexion autour de ces thèmes fondamentaux.

Et retrouvez l’échange entre Dominique Reynié et Guillaume Larrivé autour du livre « Insoumission. Pour que vive la nation » sur notre site Fondapol.org

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