Les idées pour la Primaire : Immigration

Par Claire Poncet

En matière d’immigration, les propositions des candidats se caractérisent par une très grande homogénéité. D’un point de vue théorique, un consensus existe sur les bienfaits de l’immigration dès lors que celle-ci est contrôlée, régulée. D’autre part, tous les candidats semblent prendre acte que l’immigration est dorénavant une problématique à caractère européen, tout en reconnaissant l’échec du traité de Schengen dans la crise des réfugiés.


Les idées pour la Primaire : Immigration par fondapol

Les candidats proposent une augmentation du budget de Frontex (dont le montant varie selon les candidats) pour renforcer le contrôle des frontières externes de l’Union européenne. Alain Juppé et Nathalie Kosciusko-Morizet appellent à une augmentation sans en préciser le montant. Jean-François Copé souhaite multiplier par cinq ce budget.

Le transfert du débat sur l’immigration vers le Parlement

Contrairement aux élections de 2007 et 2012, plus aucun candidat de droite ne promet de ramener les entrées légales sur le territoire à un nombre précis. Alain Juppé et Jean-François Copé se déclarent favorables à la mise en place d’un système « à la canadienne » de quotas d’immigrés votés annuellement par le Parlement. Nicolas Sarkozy précise qu’en cas d’enlisement du débat parlementaire, la question pourrait être tranchée par référendum. François Fillon complète quant à lui ce système par une révision constitutionnelle afin d’y faire figurer le principe selon lequel l’immigration dépend de la capacité d’accueil de la France.

Par ailleurs, les candidats affichent un accord large sur la nécessité de durcir les conditions de regroupement familial, et réduire le délai d’instruction des demandes d’asile et de rendre les retours aux frontières effectifs pour les déboutés. Hervé Mariton souhaite que les demandeurs d’asile soient assignés à résidence le temps de la procédure d’appel. Nathalie Kosciusko-Morizet parle quant à elle d’un centre d’accueil européen unique sur le modèle d’Ellis Island aux États-Unis. De même, Frédéric Lefebvre entend mettre en place des camps de réfugiés aux frontières de l’Europe.

Tous utilisent la distinction entre « réfugiés politiques », qui doivent être accueillis en priorité, et les « migrants économiques » qui doivent quant à eux être expulsés à partir du moment où le manque de capacités d’accueil ne permet pas leur intégration.

Un paradigme européen dominant

Sur Schengen, tous les candidats demandent avec plus ou moins d’insistance une refonte du traité, mais avec des objectifs prioritaires différents. Cette refonte est un des chevaux de bataille de Nicolas Sarkozy depuis sa campagne de 2012. Jean-François Copé propose de négocier un « Schengen II » permettant aux États de suspendre leur participation pour une durée d’un an. François Fillon entend suspendre la participation à Schengen des Etats n’assurent pas leurs obligations et faciliter le rétablissement des frontières. Alain Juppé, jugeant de son côté le rétablissement de frontières entre pays européens comme une « régression historique », souhaite un nouveau traité qui maintienne la liberté de circulation.

Presque tous n’imaginent la résolution de la crise des réfugiés qu’au niveau européen, avec une harmonisation des critères pour le traitement des demandes d’asile, et l’élaboration d’une liste commune de « pays sûrs » dont les ressortissants ne sauraient être considérés comme des réfugiés politiques. La mise en place d’une politique nationale unilatérale sur le sujet n’est envisagée qu’en cas d’échec des négociations européennes.

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Cet article est publié en partenariat avec Les Républicains de Sciences Po 

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crédit photo Flickr: Jean-Paul Talimi

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