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	<title>TropLibre</title>
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	<description>Une voix libérale, progressiste et européenne</description>
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		<title>Quelque chose de Sarkozy&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2012 09:55:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fondapol</dc:creator>
				<category><![CDATA[Paradoxa]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernement Ayrault]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Institutions]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Sarkozy]]></category>
		<category><![CDATA[Ve République]]></category>

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		<description><![CDATA[Existe-t-il des éléments de continuité entre le gouvernement Fillon et le gouvernement Ayrault, notamment dans leur composition ? 

Et plus largement, que reste-t-il de Sarkozy dans le nouvel exécutif socialiste ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.trop-libre.fr/wp-content/uploads/2012/05/1703298_7_e2aa_la-photo-de-famille-du-gouvernement-ayrault_8f6b7515a840ff25d97de64f5bf19e1a.jpg"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-4860" title="1703298_7_e2aa_la-photo-de-famille-du-gouvernement-ayrault_8f6b7515a840ff25d97de64f5bf19e1a" src="http://www.trop-libre.fr/wp-content/uploads/2012/05/1703298_7_e2aa_la-photo-de-famille-du-gouvernement-ayrault_8f6b7515a840ff25d97de64f5bf19e1a-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>« La continuité de l’Etat » : voilà bien une expression dont les socialistes ont abusé, dans l’opposition, pour reprocher à Nicolas Sarkozy de la mettre à mal. Et de répéter en boucle que l’ancien président de la République bousculait les règles qui garantissent la neutralité de l’administration, donc des services qu’elle assure.</p>
<p>On ne reviendra pas sur ces polémiques et sur leur bien fondé. On n’aura même pas la cruauté de souligner que trop souvent, pour la gauche, une administration neutre est une administration de gauche. C’est ici une définition plus politique qu’administrative de l’Etat -et de sa continuité- que nous retiendrons. En nous posant une question simple, mais provocatrice : existe-t-il des éléments de continuité entre le gouvernement Fillon et le gouvernement Ayrault, notamment dans leur composition ? Et plus largement, que reste-t-il de Sarkozy dans le nouvel exécutif socialiste ?</p>
<p><strong>Il faut que tout change pour que rien ne change</strong></p>
<p>Certains des « changements » incarnés ou avancés par ce gouvernement relèvent en fait des bonnes vieilles traditions politiques. Ce sont donc des leurres, d’une certaine façon.</p>
<p>Ainsi de ces ministères aux noms plus ou moins poétiquement volontaristes, censés manifester les priorités d’un gouvernement et sa différence radicale avec ceux qui l’ont précédé : secrétariat d’Etat à la condition des travailleurs manuels en 1976 (gouvernement Barre), ministère du Temps Libre en 1981 (gouvernement Mauroy), secrétariat d’Etat à l’Action humanitaire d’urgence en 1995 (gouvernement Juppé), à la Décentralisation culturelle en 2000 (gouvernement Jospin), aux Programmes immobiliers de la Justice en 2002 (gouvernement Raffarin), aux Droits des victimes en 2004 (gouvernement Raffarin), chargé de la Promotion de l’égalité des chances en 2005 (gouvernement Villepin), … La longévité de ces intitulés excède à peine celle des phalènes.</p>
<p>Dans le gouvernement Ayrault, c’est donc au « Redressement productif » et à la « Réussite scolaire » que nous avons droit : deux gadgets inspirés par le grand cœur des socialistes, mais qui disparaîtront aux premiers frimas.</p>
<p>Autre « innovation » qui n’en est pas une : l’obligation, pour les ministres candidats aux législatives, de recueillir l’onction positive du suffrage universel, sous peine d’éviction. C’est beau comme la démocratie et cela se pratique… depuis Georges Pompidou. De Gaulle avait ignoré les défaites de Pierre Messmer et de Maurice Couve de Murville aux législatives de 1967 et les avait « gardés » au gouvernement. Mais Georges Pompidou considéra que René Pleven ne pouvait rester Garde des Sceaux après avoir perdu son siège de député en 1973. Plus près de nous, Catherine Trautmann ne fut pas du 2<sup>e</sup> gouvernement Rocard pour cause de défaite aux législatives de 1988, pas plus qu’Alain Juppé ne conserva le ministère de l’Ecologie et du Développement durable en 2007.</p>
<p>Le principe énoncé avec gravité par Jean-Marc Ayrault est donc une habitude en démocratie, rien de plus : « un ministre, ça gagne les élections législatives ou ça démissionne ».</p>
<p><strong>La pérennité de certaines innovations de l’ère Sarkozy</strong></p>
<p>Dans sa composition, le gouvernement Ayrault reprend sans le dire certaines des innovations de l’ère Sarkozy. La diversité n’est pas la moindre. Certes, la Ve République n’avait pas attendu Nicolas Sarkozy pour faire entrer la diversité au gouvernement : Nafissa Sid Cara appartenait au cabinet Debré dès 1959, Kofi Yamgnane au gouvernement Cresson en 1991, Tokia Saïfi et Hamlaoui Mekachéra au gouvernement Raffarin en 2002… Mais l’attribution d’un portefeuille régalien (la Justice) à une femme issue de l’immigration (Rachida Dati) a complètement changé la donne en 2007, et érigé la « diversité » en impératif, et non plus en gadget électoral, sur l’agenda de tout Premier ministre qui formera désormais son gouvernement.</p>
<p>Il en va de même pour le ministère de l’écologie et du développement durable : il n’a pas été inventé par Nicolas Sarkozy… Mais ce dernier, en fusionnant le ministère de l’environnement et celui des transports, a donné aux ministres en charge de la préservation de la planète de vrais leviers d’action. Cet héritage-là a été endossé par le gouvernement Ayrault et par la ministre Nicole Bricq, qui conserve la responsabilité des transports.</p>
<p>Autre héritage de l’ère Sarkozy : l’autonomie du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche par rapport à l’Education nationale. Est-ce le signe que la gauche au pouvoir entérinera pleinement la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (dite loi LRU), qu’elle vouait pourtant aux gémonies il y a peu encore ? La même remarque pourrait être faite à propos du portefeuille des Français de l&#8217;étranger, que la gauche jugeait inutile quand David Douillet puis Edouard Courtial l&#8217;occupaient&#8230; avant de l&#8217;estimer indispensable dans le gouvernement Ayrault!</p>
<p>Le dernier lien, paradoxal, entre l’ère Sarkozy et le gouvernement Ayrault passe par Manuel Valls et Jean-Yves Le Drian. Ces deux élus socialistes avaient été approchés par Nicolas Sarkozy en 2007 au titre de l’ouverture, mais avaient décliné les portefeuilles ministériels qui leur étaient offerts : il s’agissait respectivement de l’Intérieur et de la Défense. Cinq ans après, les intéressés reçoivent en quelque sorte le prix de leur refus en prenant des maroquins qui leur étaient promis dès 2007.</p>
<p><strong>D’étranges ruptures</strong></p>
<p>Beaucoup de commentateurs ont apprécié que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault respecte la parité. D’autres ont noté qu’un seul ministère régalien -et, faut-il ajouter, le moins « puissant » en termes de budget, la Justice- y a été confié à une femme. Or, depuis Elisabeth Guigou en 1997, la place Vendôme a souvent été occupée par des femmes : Marylise Lebranchu en 2000, Rachida Dati en 2007, Michèle Alliot-Marie en 2009. La droite qui, au contraire de la gauche, n’a hélas jamais fait de la parité une priorité, a en revanche « féminisé » les plus prestigieuses des fonctions gouvernementales : Défense avec Michèle Alliot-Marie en 2002, Economie et Finances avec Christine Lagarde en 2007, Intérieur avec Michèle Alliot-Marie en 2007, Affaires étrangères, toujours avec Michèle Alliot-Marie, en 2010. Qualitativement, le bilan de la droite au pouvoir en matière de partité gouvernementale n’est donc pas négligeable !</p>
<p>Le gouvernement Ayrault a modifié également le périmètre d’un ministère symbole de l’ère Sarkozy : le ministère des Comptes publics. Cette innovation donnait depuis 2007 au ministère du Budget une complète autonomie, sur le modèle allemand. Le rattachement du Budget à l’Economie, dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, traduit-il le peu d’importance accordé par le nouveau pouvoir aux questions budgétaires ? L’interprétation est tentante…</p>
<p><strong>Le changement, c’était hier</strong></p>
<p>On l’aura compris : loin du changement d’ère, la composition du gouvernement Ayrault est le résultat d’une addition entre des figures classiques de la vie gouvernementale, un héritage inavoué des années Sarkozy et une ou deux ruptures discutables. Le <em>big bang </em>annoncé pendant la campagne n’a pas eu vraiment eu lieu sur la forme. Est-il à craindre sur le fond ?</p>
<p><em>David Valence</em></p>
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		<title>Le libéralisme, de A à Z</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 10:03:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le marché aux livres et aux images]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mathieu Laine]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le libéralisme, ou plutôt les libéralismes, font aujourd’hui l’objet d’une critique répandue, pour ne pas dire unanime dans la presse quotidienne, les débats, les interventions des hommes politiques. Mais connaît-on le sens véritable des vocables « libéral », « ultralibéral », « libéral-socialiste », etc. ? C’est cet utile travail de définition de termes souvent mal compris qu’accomplit le Dictionnaire du libéralisme,  paru sous la direction de Mathieu Laine.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.trop-libre.fr/wp-content/uploads/2012/05/Libéralisme.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-4851" title="Libéralisme" src="http://www.trop-libre.fr/wp-content/uploads/2012/05/Libéralisme-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a></p>
<p>Matthieu LAINE (sous la direction de), <em>Dictionnaire du libéralisme</em>, Larousse coll. À présent, 2012, 640 pages, 28,50 €.</p>
<p>Le libéralisme, ou plutôt les libéralismes, font aujourd’hui l’objet d’une critique répandue, pour ne pas dire unanime dans la presse quotidienne, les débats, les interventions des hommes politiques. Mais connaît-on le sens véritable des vocables « libéral », « ultralibéral », « libéral-socialiste », etc. ? C’est cet utile travail de définition de termes souvent mal compris qu’accomplit le <em>Dictionnaire du libéralisme</em>,  paru sous la direction de Mathieu Laine. Parmi ses contributeurs, l’ouvrage compte des plumes aussi prestigieuses que Gary Becker, le prix Nobel d’économie 1992, Monique Canto-Sperber, directrice de Paris Sciences et Lettres et ancienne directrice de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm,  François Ewald, professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, Jacques Garello, économiste, David Thesmar, professeur de finance et membre du Conseil d’Analyse Economique, ou encore Alain Wolfsperger, professeur d’économie publique, et de nombreux autres chercheurs.</p>
<p>La forme du dictionnaire permet un accès facile aux théories libérales pour le non-initié comme pour le spécialiste. L’ouvrage offre ainsi un grand nombre d’entrées particulièrement utiles pour la documentation poussée ou la découverte des enjeux portés par une notion ou un problème, voire une personnalité libérale. Outre son caractère éminemment pratique, ce dictionnaire présente dans toute sa richesse la culture libérale en prenant soin de respecter les différentes sensibilités, trop souvent noyées dans une condamnation d’ensemble de cette école théorique.</p>
<p><strong>Libéralisme, injure suprême </strong></p>
<p>Cette des courants de pensée libéraux  ressort de l’ensemble de l’ouvrage, qu’il s’agisse de l’introduction de l’ouvrage comme des entrées, qui vont d’« action humaine » à Max Weber.   En chemin, on croise les anarcho-libéraux, pour qui l’État doit tout bonnement disparaître, les minarchistes ou minarchiens, qui prônent un État minimal (tout comme d’ailleurs les libertariens), les libéraux, qui se contentent d’un État-gendarme en charge des fonctions régaliennes, les libéraux conservateurs, qui souhaitent une plus grande intervention de l’État, et enfin les socio-libéraux qui montrent un plus grand souci d’étendre la protection sociale.</p>
<p>C’est justement cette richesse et cette fécondité que gomme l’emploi actuel du terme libéral, utilisé comme un vocable stigmatisant. Ainsi Jean-Luc Mélenchon, dans sa lutte contre l’hebdomadaire <em>Le Nouvel Observateur</em>, a recours à l’appellation de « social-libéralisme » pour disqualifier son opposant <a href="#_ftn1">[1]</a>. Nicolas Sarkozy, quant à lui, prend soin de marquer ses distances avec « libéralisme sans frein et sans limite <a href="#_ftn2">[2]</a> ». Et que dire de Nicolas Dupont-Aignan ou de Marine Le Pen qui, à longueur de discours, prennent la peine de désigner le libéralisme comme source de tous les maux des Français ? Ce processus du « bouc émissaire » a été très bien analysé par René Girard sans qu’il soit nécessaire de développer plus avant ce point précis <a href="#_ftn3">[3]</a>.</p>
<p>Or, comme il est écrit dans la partie de l’introduction intitulée « Le libéralisme en question » : «  le libéralisme exige pour être compris une approche qui ne soit pas caricaturale » (p. 24). En désignant le libéralisme d’un seul bloc comme un ennemi, on se prive d’approches diverses et fécondes, ce qui est dommageable pour l’ensemble de la pensée contemporaine. Quant à dire que le libéralisme est le père de la crise, c’est simplifier à l’extrême un ensemble de problèmes et de comportements.</p>
<p><strong>Quid du protectionnisme ?</strong></p>
<p>Le dictionnaire a également pour mérite de dénoncer certaines impostures. Si le libéralisme est caricaturé à l’excès, certains procédés économiques sont considérés hâtivement comme des solutions miracles. Ainsi du protectionnisme, traité dans le dictionnaire par Pascal Salin, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine.</p>
<p>L’article montre que, si l’échange est créateur de valeur pour ses<em> deux </em>protagonistes, <em>a contrario</em>, le recours au protectionnisme lèse au moins une des deux parties.  Il impose en effet des coûts à deux catégories d’agents : les producteurs étrangers du bien et les consommateurs qui doivent le payer plus cher.</p>
<p>La protection apparaît par là même comme un privilège dont l’existence peut être logiquement admise mais dont la nature même, clientéliste, doit être exposée au grand jour et discutée sur la place publique. Loin d’un principe de justice, le protectionnisme<a href="#_ftn4"> [4]</a> est un arbitrage entre des intérêts.</p>
<p><strong>Un premier essai transformé</strong></p>
<p>C’est donc un ouvrage que l’on lira avec plaisir, avec intérêt, avec circonspection parfois mais toujours avec profit. Car loin de se contenter d’être un simple outil de travail, c’est un appel à une réflexion approfondie sur ce qu’est le libéralisme, sur son histoire et son avenir.</p>
<p>Ce dictionnaire est aussi le signe que la pensée libérale continue de susciter l’intérêt en dépit des mauvaises caricatures dont elle est l’objet. L’ouvrage est donc avant tout une invitation, à voyager dans une galaxie injustement méconnue en France. Et c’est bien le dernier paradoxe que pointe le dictionnaire en montrant que la France, terreau d’une tradition libérale variée (Jean-Baptiste Say, Frédéric Bastiat, Alexis de Tocqueville, Guyot, Raymond Aron, etc.) est aujourd’hui un des pays où elle est la plus méconnue.</p>
<p><em>Jean Senié</em></p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120419.OBS6656/l-obsession-anti-obs-de-jean-luc-melenchon.html">http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120419.OBS6656/l-obsession-anti-obs-de-jean-luc-melenchon.html</a>.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a><a href="http://www.huffingtonpost.fr/gaspard-koenig/rejet-liberalisme-tous-candidats_b_1405899.html?ref=presidentielle-2012">http://www.huffingtonpost.fr/gaspard-koenig/rejet-liberalisme-tous-candidats_b_1405899.html?ref=presidentielle-2012</a>.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> GIRARD René, <em>La violence et la sacré</em>, Paris, Hachette, Pluriel, 1998, 486 p.</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Voir sur la notion de marché politique BLERARD Philippe-Alain, « Théorie du marché politique et rationalité des politiques publiques », dans<em> Revue française de science politique</em>, Volume 41, Numéro  2, 1991, p. 235-263.</p>
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		<title>Il était une fois François et Angela…</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 10:23:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Paradoxa]]></category>
		<category><![CDATA[Angela Merkel]]></category>
		<category><![CDATA[Couple franco-allemand]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[François Hollande]]></category>

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		<description><![CDATA[La rencontre imminente de François Hollande et Angela Merkel est évidemment capitale. Si le compromis entre les deux dirigeants est l’hypothèse la plus probable, c’est le président français qui devra faire la concession essentielle, contrairement au wishful thinking qui règne actuellement en France et aux clameurs triomphales qui accompagneront un éventuel accord.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.trop-libre.fr/wp-content/uploads/2012/05/Merkhollande3.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-4839" title="Merkhollande" src="http://www.trop-libre.fr/wp-content/uploads/2012/05/Merkhollande3-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>Proust et la lanterne magique</strong></p>
<p>Au début de la <em>Recherche</em>, Proust raconte la légende de Geneviève de Brabant, princesse du plus haut donjon, que convoite, au grand effroi du petit Marcel, l’intriguant Golo. Nous pouvons rassurer l’enfant de Combray : l’ignoble Golo/Sarkozy est défait et désormais Geneviève/Angela ne pourra que donner son cœur au preux François de France…</p>
<p>L’histoire, soyons-en certains, doit bien se terminer comme en témoigne l’atmosphère si confiante qui, dans les médias français, entoure la rencontre imminente de la Chancelière et du nouveau Président français. La première n’est-elle pas « isolée » au sein d’un continent qui hurle famine et supplie, de Lisbonne à Athènes, de Madrid à Rome, le Saint-Empire Européen Germanique de lâcher en masse euros sonnants et trébuchants? N’est-elle pas « affaiblie » par les défaites successives infligés par un SPD « proche du nouveau président » ? Le président français n’est-il pas porté par une légitimité démocratique, fraîche et joyeuse ? N’est-il pas soutenu désormais par la plupart de ses pairs ? Et n’est-il pas paré de toutes les qualités personnelles qui ne peuvent que subjuguer son interlocutrice ? De quoi, enfin, après les « honteuses capitulations » de son prédécesseur parler d « égal à égal » avec l’arrogante Allemagne et lui imposer cette « croissance » à laquelle elle rechigne !</p>
<p>Mais voilà : la scène que nous raconte Proust n’est qu’une illusion produite par la lanterne magique qui berce son insomnie précoce. Et la France pourrait bien se prendre actuellement au jeu délicieux du <em>wishful thinking</em>…</p>
<p><strong>L’ « isolement » très peuplé d’Angela Merkel</strong></p>
<p>Isolée Angela Merkel ? Sans doute le moment est à la « croissance », réclamée d’un bout à l’autre de l’Europe ; mais avec une définition bien éloignée de celle des socialistes, la croissance par la <em>compétitivité</em>, et non par la dépense publique ; et avec un consensus quasi-total sur le respect du pacte budgétaire, condition a priori d’un  nouveau pas en avant. Isolée donc… avec les Barroso, Juncker, Draghi, Monti, Rajoy et autres Rutte, sans oublier le SPD allemand qui refuse trois points capitaux du programme de François Hollande : la croissance par le déficit, la modification du mandat de la BCE et la mutualisation des dettes publiques. Pour une raison bien simple : l’opinion publique allemande, de droite comme de gauche, voit là trois lignes rouges, qu’un dirigeant d’Outre-Rhin ne franchirait qu’au prix d’une défaite électorale cuisante. Il serait peut-être utile à ce sujet que nos commentateurs lisent autre chose que le <em>Spiegel</em> –et encore de façon si sélective !- et s’avisent que la presse allemande c’est aussi –c’est d’abord &#8211; le <em>Bild</em>, <em>Die Welt</em>, ou <em>Die Zeit.</em> Tout comme la presse espagnole, qui ne se réduit pas à <em>El Pais,</em> pas plus que la britannique au <em>Guardian</em>…</p>
<p><strong>« D’égal à égal » ?</strong></p>
<p>Quant au rapport de forces entre les deux dirigeants, il ne faut pas davantage se bercer d’illusion sur la relation « d’égal à égal » : le vieil adage selon lequel Paris « compensait » dans le dialogue franco-allemand, sa moindre puissance économique par sa surface politique, s’est érodé avec la crise des dettes publiques, à laquelle la France est bien plus exposée que sa partenaire. Pour s’en convaincre, il suffit de se poser la simple question suivante : lequel des deux pays a le plus à perdre, en cas de crise, même passagère, du couple franco-allemand ?</p>
<p>Est-ce à dire que la visite du président français est promise à l’échec ? Nullement et pour plusieurs raisons.</p>
<p><strong>La « dream team » de François Hollande</strong></p>
<p>La première tient au pragmatisme de François Hollande, qui, lui, ne se berce pas d’illusions, Il a intelligemment préparé la rencontre en alternant propos de fermeté et de bonne volonté (la chancelière a d’ailleurs fait exactement de même !); et il évoque de moins en moins une « renégociation » du pacte budgétaire, inscrite pourtant explicitement dans son programme…</p>
<p>La deuxième tient au fait qu’il dispose de la meilleure équipe possible de conseillers en la matière : un Jean-Pierre Jouyet, un Pierre Moscovici, un Pascal Lamy, sans oublier un Jacques Delors dont il est si proche : autant de connaisseurs incomparables de la chose européenne et en particulier de l’Allemagne.</p>
<p>La troisième tient à la commune nécessité de part et d’autre de maintenir intact l’axe franco-allemand, au moment où la Grèce pose à nouveau la question de vie ou de mort à la zone euro.</p>
<p><strong>Hollande sur la voie de… Sarkozy ?</strong></p>
<p>La possibilité d’un accord est donc réelle et ses termes, assez prévisibles, même s’ils seront probablement explicités plus tard (lors du sommet européen informel de la fin mai par exemple) : maintien du pacte budgétaire, ajout d’un pacte de croissance substantiel financé sur crédits <em>européens</em>, et, <em>dans le meilleur des cas</em>, assouplissement du calendrier pour le retour à l’équilibre budgétaire.</p>
<p>Bref un nouveau compromis, après tant d’autres conclus&#8230;par Nicolas Sarkozy qui, on s’en avisera quelque jour, a réussi quelques miracles de négociation, du sauvetage de la Grèce à l’activation massive des financements de la BCE. On ne souhaitera donc qu’une chose à François Hollande : <strong>faire aussi bien que son prédécesseur</strong> !</p>
<p>Bien entendu, en cas de succès, les thuriféraires patentés n’en diront rien et salueront la « victoire sans précédent » de François Hollande ; alors même que la chancelière n’aura renoncé à rien d’essentiel et que le président français aura, lui, abandonné son idée- phare de renégociation du pacte budgétaire…Sauf à surestimer la force de sa position, hypothèse que l’euphorie de l’élection interdit d’exclure, mais dont les conséquences pourraient être dévastatrices pour les prochaines législatives. En politique, tout est affaire de probabilités…Celles-ci penchent davantage, à ce stade, en faveur du compromis.</p>
<p><strong>L’Allemagne ne paiera pas !</strong></p>
<p>Restent deux inconnues majeures : la réaction des marchés aux premières mesures du quinquennat Hollande et l’évolution politique de la Grèce qui pourrait mettre très vite à l’épreuve la solidité du nouveau couple Merkel/Hollande.</p>
<p>Car une chose, elle, est absolument sûre, dont, à l’évidence, on n’a pas, en France, pris toute la mesure : l’Allemagne ne paiera pas !</p>
<p><em>Christophe de Voogd est responsable du blog « trop libre »</em></p>
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		<title>Nicolas Sarkozy meilleur que François Hollande à domicile</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 14:18:43 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Les mots et les chiffres]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.trop-libre.fr/wp-content/uploads/2012/05/FHNS.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-4825" title="FHNS" src="http://www.trop-libre.fr/wp-content/uploads/2012/05/FHNS.jpg" alt="" width="571" height="472" /></a></p>
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		<title>24 heures chrono à Wall Street</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 10:48:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le marché aux livres et aux images]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>

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		<description><![CDATA[Margin Call de J.C. Chandor
Un premier film sur la crise de Wall Street en 2008 qui réunit une panoplie de stars hollywoodiennes, réalisé par le fils d’un trader à New York ? Margin Call répond à presque toutes ses promesses et nous offre un regard révélateur sur l’intérieur des banques de Wall Street.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.trop-libre.fr/wp-content/uploads/2012/05/Margin-Call.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-4813" title="Margin Call" src="http://www.trop-libre.fr/wp-content/uploads/2012/05/Margin-Call-e1336992423618-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><em>Margin Call</em> de J.C. Chandor</p>
<p>On les avait vus à la télévision, lors de la crise des subprimes en 2008 : ces hommes et ces femmes sortant d’un établissement bancaire newyorkais, une boîte en carton dans les bras. Virés sur le champ par leur banque, ils sont rapidement devenus l’un des symboles du désarroi et de la brutalité de cette crise dont on continue à ressentir les séquelles.</p>
<p><strong>Agents de DRH anonymes</strong></p>
<p><em> Margin Call</em> (en français <em>Marge de manœuvre</em>, titre que le film porte également au Québec) est le premier opus du jeune réalisateur J.C Chandor. Film à impressionnante distribution hollywoodienne, à réalisation très maîtrisée, qui veut nous montrer ce qui a dû arriver à l’intérieur des banques, en ce terrible mois de septembre 2008. On voit des agents de DRH anonymes débarquer en force dans les bureaux pour licencier en masse, toujours en fin d’après midi, après la fermeture de la bourse. Les victimes, en recevant cette fameuse boîte pour objets personnels, sont priées de quitter immédiatement les lieux, accompagnées d’un gorille en uniforme.</p>
<p><strong>« The money is good »</strong></p>
<p>L’un de ces expulsés est Eric Dale, chef du département de gestion des risques de la banque ; il ne se voit non seulement licencier mais aussi interdire l’accès à ses mails et son téléphone portable, le tout après à peine deux minutes d’un entretien humiliant. Pur hasard ? Dale était en passe de découvrir que son établissement était en grave danger à cause d’un nouveau produit financier, un titre hypothécaire dont le risque n’est plus couvert par la valeur boursière de l’ensemble des actifs de la banque.</p>
<p>Avant de partir, Dale réussit à transmettre ces informations à l’un de ses assistants, Peter Sullivan (Zachary Quinto, également coproducteur du film). Sullivan, jeune et brillant scientifique qui a préféré le monde de la finance à une carrière à la fac (« the money is good », dit-il) achève les calculs, découvre le pot aux roses et avertit aussitôt ses collègues dont le vieux routier des traders, Sam Rogers (Kevin Spacey) ; lequel alerte à son tour la direction. Suit une série d’entretiens et réunions de crise, le tout dans le temps d’une seule nuit, décrit avec une dramaturgie impeccable qui avance lentement mais inexorablement vers son apogée. Lors d’une réunion, l’un des trois dirigeants de la banque, l’arriviste sans scrupules Jard Cohen (Simon Baker) propose de vendre le lendemain tous les actifs toxiques de la banque. Proposition  immédiatement reprise par le PDG, John Tuld (Jeremy Irons), arrivé, comme il se doit, en hélicoptère&#8230; Si l’on ajoute Demi Moore qui joue Robertson, la chef directe de Dale, on constatera en effet que Chandor n’a pas lésiné sur la distribution !</p>
<p><strong>Merill Lynch versus Lehman Brothers ?</strong></p>
<p><em>Margin Call</em> se réfère bien sûr à l’histoire de Lehman Brothers, d’autant plus que son PDG en 2008 s’appelait&#8230; Richard Fuld. Mais le film ne veut pas reproduire littéralement ce qui est arrivé à cette banque, qui fit faillite à la mi-septembre 2008. J.C. Chandor, le réalisateur et l’auteur du scénario – il dit l’avoir écrit en seulement quatre jours – est lui-même fils d’un trader à Merill Lynch, autre banque d’investissement newyorkaise qui a connu des problèmes comparables en 2008, mais qui sut éviter le sort tragique de la Lehman, ne serait-ce par sa vente à Bank of America. Dans un entretien [<a href="#_edn1">1]</a>, Chandor affirme d’ailleurs que son récit ne se situe pas nécessairement en 2008 et que le destin de la banque dans son film n’est pas celle de Lehman Brothers, puisqu’elle y échappe grâce à la gestion cynique de Tuld.  Mais à quel prix ? Doit-on être comme Tuld, un dirigeant sans états d’âme ? Il se définit comme un « vendeur », mais on pourrait aussi le caractériser comme un joueur, un <em>gros</em> joueur, qui sent ce qui va arriver et qui défend sans pitié ses intérêts.</p>
<p><strong>Empathie</strong></p>
<p>En face de lui, Rogers, l’homme du <em>floor</em>, la salle du marché, le seul qui conteste la stratégie de ventes massives. Rogers est l’unique personnage avec un semblant de vie privée – il est divorcé et assiste parallèlement à la crise de sa banque à la mort de son chien. Métonymies un peu appuyées de son échec et, c’est vrai, on frôle un peu le mélodrame… Mais Rogers est tout à fait caractéristique du propos de <em>Margin Call</em>. Car tout contestataire qu’il soit, c’est lui qui trouve l’argument pour mobiliser ses troupes en faveur de la vente des actifs toxiques– sous forme de bonus bien sûr ! Contrairement à d’autres, il suscite de l’empathie, mais idéologiquement il ne se trouve pas dans le camp adverse. Il ne s’oppose pas au système. Personne ne le fait d’ailleurs dans un film qui veut clairement éviter la caricature – ce qu’il réussit admirablement, à l’exception notable du personnage de Tuld, trop univoque pour convaincre.</p>
<p><strong>La fascination du chiffre</strong></p>
<p><em>Margin Call</em> n’est pas pour autant complaisant avec le monde qu’il décrit, comme certains critiques français l’ont affirmé<a href="#_edn2"> [2]</a>.   Il garde au contraire une grande distance par rapport à son sujet et à ses personnages. C’est <em>la fascination du chiffre</em>, bien montrée par le personnage du mathématicien-trader Sullivan, qui constitue le message et la force du film, dont le titre renvoie aussi au calcul <em>marginal, </em>base de toute activité financière. Décidément<em>, Margin Call </em>se veut autre chose que le documentaire <em>Inside Job</em> (2010), l’attaque en règle et très documentée de Charles Ferguson contre le système de Wall Street qui a provoqué la crise et qui continue à exister aujourd’hui.</p>
<p><em>Margin Call </em>suggère d’ailleurs plus qu’il ne dit clairement. Nombre d’éléments du récit restent flous et la fin même reste relativement ouverte. La banque survivra-t-elle à la journée risquée de la vente massive ? Rien n’est moins sûr et le film semble ici même échapper à son auteur. N’est-ce pas le propre de tout bon scénario ?</p>
<p><em>Harry Bos</em></p>
<hr size="1" /><a href="#_ednref1">[1]</a> Dans un entretien avec le magazine <em>Movieline</em>, voir <a href="http://movieline.com/2011/10/17/director-jc-chandor-on-his-15-year-journey-to-make-margin-call/">ici</a>.</p>
<p><a href="#_ednref2"></a></p>
<p>[2] Voir <a href="http://www.critikat.com/Margin-Call.html">ici</a>.</p>
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