Ebola perturbe l’industrie du chocolat en Afrique de l’Ouest

chocolate-183543_1280Ebola perturbe l’industrie du chocolat en Afrique de l’Ouest

Par @AliceTiounine

Le bilan humain du virus d’Ebola est sans précédent, avec un nombre record de personnes atteintes et des nouveaux cas décelés tous les jours, selon le dernier recensement de l’OMS : 6553 personnes sont atteintes du virus et 3083 en sont décédés. Aujourd’hui, témoigne le Financial Times, les effets du virus mortel se font ressentir sur le marché des matières premières. En Côte d’Ivoire, le prix du cacao a ainsi augmenté d’un tiers en un an,  stimulé par la crainte des investisseurs et des commerçants de la propagation du virus. « Si le virus atteint la Côte d’Ivoire, on pourra facilement voir les prix doubler», affirme Edward George, responsable de la recherche à Ecobank.

La Côte d’Ivoire produit, en effet, 40% du cacao mondial (4.5 millions de tonnes par an contre 21000 tonnes en Guinée Sierra Léone et Liberia) et même si le pays n’est pas encore touché par la maladie, sa proximité avec le Libéria et la Guinée  le met dans une position à haut risque et inquiète les producteurs. D’autant plus que le US Center for Desease Control and Prevention, a prévu 1.4 millions de cas d’ici la fin janvier. « Le marché est bousculé par la peur», témoigne Jonathan Parkman, co-responsable de l’agriculture du Marex Spectron.

De la Cote d’Ivoire, le virus pourrait également se propager au Ghana, (20% des productions mondiales de cacao, 1.6 millions de tonnes par an), un scénario qui inquiète les grandes firmes telles que Nestlé ou Cadbury, qui ne peuvent fonctionner sans l’approvisionnement de l’Afrique de l’Ouest. La panique se fait déjà ressentir, ces deux dernières semaines les prix du cacao ont augmenté de 10%, Barry Callebaut le plus grand fabricant de chocolat au monde a annulé une conférence à Abidjan et certains équipages de cargos refusent de se rendre au port de San Pedro.

Toutefois, les grands directeurs et experts de l’industrie du chocolat craignent une réaction exagérée. Le marché du cacao en Afrique de l’Ouest a toujours persisté, en dépit de nombreux défis, comme les guerres civiles ou les coups d’Etats. Des firmes telles que Cargill, Archer Daniels, Olam ou Midland confirment d’ailleurs le maintien de leurs activités – « nous continuons les affaires comme à son habitude, avec de grandes précautions mises en place.» L’atmosphère est cependant tendue, « un peu de nouvelles aurait un effet instantané», affirme Christian Lude commerçant à Madviga.

Crédit photo : Alexander Stein

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