Blockchain : la révolution de la confiance

la-startup-que-esta-creando-un-internet-paralelo-donde-el-usuario-controle-sus-datos« La promesse de la blockchain est, en effet, majeure : des transactions instantanées à des coûts minimes et sans organe central de contrôle. Cette technologie a le potentiel de totalement changer les règles du jeu dans de nombreux secteurs économiques, à commencer par le système bancaire. Au-delà des implications économiques, c’est une profonde transformation sociétale qui s’annonce. Car la blockchain est avant tout une révolution de la confiance, portée non plus par un tiers de confiance – banquier, notaire – mais par un système décentralisé et partagé. Un nouveau monde se profile ». Pour William Mougayar, auteur de « The Business Blockchain », Wiley, la blockchain est le meilleur outil de notre décennie. Néanmoins, en ce début d’année 2017, cette technologie souffre encore d’un déficit de compréhension auprès du grand public, toujours peu sensibilisé à cet enjeu. La blockchain est aussi polyvalente que ces usages, que les profils qui viendront à l’exploiter. Pour un développeur, la blockchain sera le langage de développement le plus stimulant depuis le langage Java en 1995. Pour l’entrepreneur, la blockchain permettra de disrupter et d’inventer de nouveaux modèles sans crainte de se lancer avec simplement un petit nombre de clients. « Au même titre que l’économie du Web, la blockchain créera une nouvelle économie et nous ne devons pas perdre de vue ce potentiel. L’économie crypto-tech sera une économie fondée sur la confiance décentralisée à la naissance, tant sur le plan politique que sur le plan architectural. La blockchain donnera un accès égal à tout le monde et réduira le niveau des obstacles à tous ses participants ».

 

La blockchain : comment ça marche et à quoi ça sert ?

 

Une blockchain, c’est d’abord un registre, une chaîne de blocs cryptographiée par des clés afin de pouvoir sécuriser les échanges, un algorithme pour valider les transactions et un réseau de pair à pair pour que le tout fonctionne. Deux parties s’accordent sur les termes d’une transaction (transferts d’argent, d’actifs, ou de titres financiers). Ce registre fait l’objet d’une vérification par les membres du réseau et une fois validée, la transaction vient s’agglomérer à l’ensemble du bloc de la chaîne. Le registre est alors diffusé à l’ensemble des membre d’un réseau et son caractère distribué assure sa protection. Pour falsifier une transaction, il faudrait modifier les registres de l’intégralité des membres, ou nœuds du réseau.

 

La blockchain aujourd’hui : le bitcoin

 

51ZKdiqLowL._SX319_BO1,204,203,200_De 2007 à 2010, c’est l’avènement de la blockchain Bitcoin et de la devise du même nom.  Le terme de bitcoin provient de la contraction des termes anglais « bit », unité d’information binaire et de « coin » pour pièce de monnaie. Le terme regroupe donc à la fois le protocole informatique (Bitcoin) et l’unité de compte (bitcoin) utilisée par ce système de paiement. Comment acheter des bitcoins ? Tout d’abord, il faut ouvrir un compte et faire un virement bancaire vers ce compte afin de pouvoir échanger des euros contre des bitcoins. Deuxième étape : il faut consulter le carnet d’ordres pour voir à quel prix les bitcoins sont proposés par les vendeurs sur la place de marché. Ultime étape : il est alors possible de passer un ordre d’achat au prix limite que vous souhaitez fixer. Si le prix limite est inférieur au prix du meilleur vendeur, l’ordre ne sera pas exécuté tant qu’un vendeur ne proposera pas une offre inférieure ou égale au prix limite fixé. La valeur du bitcoin est déterminée de manière flottante, par l’usage économique qui en est fait sur le marché des changes. « Les règles organisant l’émission monétaire sont déterminées uniquement par le code informatique libre du logiciel Bitcoin », précise Laurent Leloup. Pour l’auteur, la question de l’anonymat qui entoure la blockchain est une angoisse surfaite, une crainte qui fascine autant qu’elle freine l’adoption de cette technologie par le grand public : « en analysant la question sous un angle plus technique, on comprend, toutefois, que cette appréhension peut être largement atténuée : le bitcoin n’est pas si anonyme qu’il en a l’air… Si d’un côté, nous n’avons pas besoin de fournir des informations d’identité pour créer un portefeuille ou envoyer une transaction, d’un autre côté, tout ce qui se passe dans la blockchain Bitcoin est en clair, ce qui rend les transactions publiquement traçables ».

 

Déclinaisons pratiques de la blockchain : une opportunité pour les entreprises.

 

Parce qu’elle est disruptive, la technologie blockchain va perturber l’entreprise et son modèle. Pour cette raison, elle peut être envisagée comme une menace. Mais l’auteur prend le revers de cette hypothèse, voyant dans la blockchain une opportunité et une chance pour l’entreprise « si au contraire, on admet que la blockchain peut fluidifier les processus et les réseaux, améliorer les relations clients et fournisseurs, accélérer les flux financiers tout en diminuant leurs coûts (entre autres gains et avantages) alors, elle représente une opportunité ». Du web communautaire en passant par les smartphones, l’e-commerce et les réseau sociaux, les révolutions technologiques des dernières décennies ont redistribué les cartes et creusé le fossé qui sépare les entreprises d’un même secteur sur le plan de leur développement numérique. « Celles qui n’ont pas su s’adapter en ont payé le prix fort (Microsoft et le virage du mobile) ou tout simplement disparu (Kodak et le numérique). Dans cet environnement innovant et instable, identifier les évolutions technologiques le plus en amont est un enjeu majeur ». Et les entreprises qui adoptent la technologie blockchain peuvent considérablement réduire leurs coûts, augmenter la résilience et la sécurité de leurs bases de données, mais aussi optimiser et accélérer leurs échanges avec leurs clients, fournisseurs, prestataires, partenaires, proposer de nouveaux services tout en adoptant des paiements instantanés à des coûts faibles.

 

La blockchain de demain : une révolution sociétale et économique.

 

La révolution internet de la fin des années 1990 portait en elle l’espoir d’une liberté et d’une   ouverture internationale. Et puis l’écosystème internet s’est restructuré autour de grands pôles les GAFA (Google, Amazon, Facebook), et plus récemment les NATU (Netflix, Airbnb, Tesla, Uber). Des entreprises qui se sont construites grâce à cette liberté, mais qui contrôle aujourd’hui la valeur « contrôle » hors du périmètre des Etats. Espoir trahis ? Et si la blockchain venait réintroduire de la confiance par une nouvelle révolution numérique ? « La blockchain porte donc les germes d’une révolution, celle-là même que l’on imaginait possible avec l’avènement d’internet mais qui finalement n’a abouti qu’à plus de contrôle, d’opacité et d’hégémonie plus que de libertés individuelles et de partage de la valeur ». En définitive, la blockchain n’est pas la révolution, mais l’outil d’une révolution, une capacité à disrupter. « Un artefact au service d’un changement de civilisation, changement qui s’annonce comme au moins aussi radical et aussi dévastateur qu’ont pu l’être en leurs temps la Renaissance, les Lumières ou les révolutions industrielles pour leurs propres empires du passé ».

 

 

Pour aller plus loin :

 

-       « La Blockchain va-t-elle révolutionner la relation client ? », Les Echos.fr

-       « Comment la Blockchain s’apprête à « disrupter » l’économie » La Tribune.fr

-       Articles de Laurent Leloup, finyear.com

-       Site de l’auteur, Laurent Leloup

-       Franceblocktech : Association française des startups et entreprises « blockchain technologie & DLT » (blocktechs) et de leurs partenaires

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