Tous les articles de Vincent Feré

Le macronisme au prisme de l’histoire

Le macronisme au prisme de l’histoire

Le macronisme étonne par la fulgurance de sa réussite : il y a un an encore, Emmanuel Macron, membre du gouvernement Valls, sans parti, sans mandat électif, affichait une ambition qui suscitait l’agacement ou l’ironie de ses collègues et le scepticisme des observateurs. Les uns et les autres ont dû se rendre à l’évidence : Emmanuel Macron est président de la République et son parti, la République en marche, a obtenu la majorité absolue aux élections législatives. Sa réussite, son positionnement politique, la nature de ses soutiens sociologiques ne sont cependant pas sans évoquer des précédents historiques qui permettent d’appréhender le macronisme et d’évaluer ses chances de réussite.

2017 : la République remise « en marche » ?

2017 : la République remise « en marche » ?

Nul ne peut nier que la recomposition politique ne soit « en marche ». Le processus ne fait certes que commencer mais déjà les analystes, conscients de l’ampleur des changements à l’œuvre, osent un parallèle avec 1958. Toutefois, la comparaison avec l’émergence de la République des républicains dans les années 1880 permet sans doute mieux d’en mesurer l’importance et peut-être d’en apercevoir les limites.

La faute aux primaires ?

La faute aux primaires ?

l est devenu de bon ton de dénoncer les primaires comme facteur de radicalisation de l’opinion : la gauche a choisi Hamon plutôt que Valls, la droite a choisi Fillon plutôt que Juppé ; au grand dam de certains commentateurs le scrutin présidentiel n’opposera pas un candidat du centre gauche à un candidat du centre droit et le mécanisme des primaires en serait responsable. Mais par chance et par une de ces ruses de la raison dont l’histoire a le secret, il ouvrirait finalement la voie de l’Elysée à celui qui a eu la prudence de ne pas y participer, Emmanuel Macron, candidat du centre gauche et du centre droit, rempart contre le Front national et agent d’une recomposition politique prélude à une grande réconciliation nationale. Tout serait donc bien qui finit bien, comme dans les contes pour enfants.

Une histoire, des mémoires

Une histoire, des mémoires

Selon le leader d’En Marche « il n’y aurait pas d’histoire française, il y aurait une histoire en France », faite de la juxtaposition des histoires des groupes sociaux qui la constituent et il est loisible à un candidat à la présidence de la République d’instrumentaliser l’une d’entre elles à des fins politiques ou électoralistes. Ce faisant Emmanuel Macron mélange histoire et mémoire. Car s’il y a une histoire de France, celle-ci peut effectivement faire l’objet de constructions mémorielles multiples. Et les Français feraient mieux d’apprendre leur histoire commune s’ils ne veulent pas que la France se dissolve dans les querelles de mémoire.